La communauté 2ELGBTQQIA+ lance un appel aux personnes alliées
Des centaines de personnes se sont réunies au Quartier des spectacles à Montréal samedi pour alerter la population sur le recul des droits de la communauté 2ELGBTQQIA+ un peu partout dans le monde, et en particulier aux États-Unis avec le retour au pouvoir de Donald Trump. La 23e édition de la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, une initiative de la Fondation Émergence, se déroule sous le thème de la solidarité entre la communauté et ses alliés. Alors qu'au Canada et ailleurs dans le monde sont observés un recul des droits 2ELGBTQQIA+ et une hausse des discours haineux envers ces personnes, Laurent Breault croit qu'il faut miser sur l'unité. Même son de cloche de la part de la directrice de l'organisme GRIS-Montréal, Marie Houzeau : les personnes alliées à la communauté Une récente étude pilotée par cet organisme avait révélé une intolérance croissante envers la communauté 2ELGBTQQIA+ dans les écoles. Il y a une différence entre l'égalité légale et l'égalité sociale. Et l'égalité sociale, on ne l'a pas encore au Québec. Le symbole du soleil et de la pluie représente les deux forces qui s'allient pour former un arc-en-ciel. Photo : Fondation Émergence La directrice générale d'Aide aux trans du Québec (ATQ) Victoria F. Legault abonde dans le même sens : En collaboration avec la Fondation Émergence, Ariane Moffatt a composé une chanson, Amour pluriel pour accompagner la campagne de sensibilisation. Pour cette artiste qui parle ouvertement de son homosexualité, le message d’unité et de solidarité de l’organisme est inspirant. J’ai l’impression que tout le monde doit se sentir concerné [...] même les gens qui ne sont pas dans la communauté LGBTQ ont des responsabilités de dire socialement ‘woah! On ne va pas là! On ne va pas dans des reculs’. Sa composition qui recycle le slogan de la campagne reflète la vision d’Ariane Moffatt qui veut rassembler la population, car, pour elle, Questionnés sur les raisons qui sous-tendent cette recrudescence, M. Breault et Mme Houzeau indiquent que les facteurs sont multiples. Les mouvements de droite conservatrice vont Toutefois, si les mouvances plus traditionalistes ont toujours existé, ce sont les réseaux sociaux qui constituent un élément relativement nouveau et qui permettent de diffuser des messages haineux. Conséquence des réseaux sociaux, l'effet de ressac (« backlash », en anglais) peut en partie expliquer la montée de discours haineux envers la communauté. Plus il y a de la visibilité et plus les groupes Il y a beaucoup de désinformation sur les réalités des personnes LGBTQ+ et ce qui est malheureux, c’est que des gens qui sont normalement sympathiques à nos revendications se posent des questions, parce qu’ils voient des informations bizarres et mal ficelées et ils ont de la difficulté à démêler le vrai du faux. Cette intolérance peut aussi être accentuée par les chambres d'écho, un phénomène qui isole les individus dans la sphère médiatique Les chiffres percutants présentés par GRIS-Montréal il y a quelques semaines viennent confirmer les dires des deux directeurs généraux. Le niveau de malaise des jeunes face à l'homosexualité de leur meilleur ami a doublé, passant de 15,2 % à 33,8 % pour une amie lesbienne et de 24,7 % à 40,4 % pour un ami gai entre 2017 et 2024. Les résultats de l'étude menée par GRIS-Montréal sont basés sur plus de 35 000 questionnaires remplis par des élèves du secondaire dans plusieurs régions du Québec. Ces données démontrent l'importance des journées de sensibilisation, comme c'est le cas en ce 17 mai, dit M. Breault. Cette journée-là est toujours pertinente, parce qu’il y a toujours un travail de sensibilisation à avoir. Si on ne rame pas par l’avant, le courant va nous ramener vers l’arrière. Depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier dernier, pas moins de onze décrets présidentiels contre les politiques de diversité ont été signés. Plus particulièrement, les personnes trans ont été la cible du républicain qui les a exclues de l'armée, leur a interdit l'accès au sport féminin et a restreint l'accès aux soins d'affirmation de genre. La directrice générale de l'ATQ témoigne de l' Des reculs ont aussi été relevés partout dans le monde, par exemple la Hongrie qui a adopté une loi limitant les marches des fiertés ou le Royaume-Uni, où la plus haute instance juridique a tranché que la définition légale d'une femme est fondée sur le sexe biologique, une désignation rétrograde des femmes trans. Comment sensibiliser la population face aux réalités 2ELGBTQQIA+? Marie Houzeau propose notamment d'aider les jeunes à utiliser les réseaux sociaux Parmi d'autres pistes de solution qu'elle avance : Je pense que l'actualité nous a bien donné raison avec ce qui se passe au sud de la frontière, mais aussi à l’international et ça démontre encore qu’il y a énormément de travail à faire
, lance en entrevue Laurent Breault, directeur général de l'organisme Émergence, qui organisait cette marche de sensibilisation.On invite les alliés à se manifester, à devenir visible, mais aussi on prend un moment pour les remercier
, lance le directeur général de l'organisme montréalais, Laurent Breault.doivent prendre l'espace public, prendre la parole pour ne pas laisser toute la place aux personnes qui ont des discours plus polarisés
.Il n’y a pas d’arc-en-ciel sans pluie
Chaque allié compte
, martèle M. Breault, citant le thème de la nouvelle campagne de son organisme. Le symbole du soleil et de la pluie sont des images fortes qui illustrent que sans un ni l'autre, il n'y a pas d'arc-en-ciel. Il faut que les alliés et les communautés LGBTQ+ s’allient pour un monde plus inclusif
, ajoute-t-il.
le soutien silencieux ne suffit plus [...] on a besoin des alliées pas pour prendre toute la place, mais pour amplifier le message
.Il n’y a pas d’arc-en-ciel sans pluie
, lance Ariane Moffatt à la blague, en faisant référence à aux orages violents qui couvraient le ciel montréalais ce samedi après-midi.J’ai trouvé super beau le slogan, ça m’a aidé à créer une belle mélodie
, explique-t-elle.avoir des valeurs d’inclusions, de diversité, de respect et d’amour c’est pour tout le monde
.Le rôle des réseaux sociaux
de pair avec le malaise de l'intolérance vis-à-vis des diverses minorités
, avance Mme Houzeau. prennent la place qui leur revient, plus ça suscite une réaction négative [...] qui est alimentée par la désinformation
, expose M. Breault.où on est tout le temps confronté à la même vision et à la même façon de penser
, ce qui renforce les communautés intolérantes entre elles, d'après la directrice du GRIS-Montréal.Encore
énormément de travail à faire
inquiétude
pour la communauté que suscitent les récentes politiques anti-trans. Pour les personnes trans, exister devient un acte politique [...] alors que ces personnes veulent juste vivre une vie normale et la société les place dans une catégorie totalement à part
, évoque-t-elle.de la bonne façon
et à développer leur esprit critique
.Ouvrir le dialogue, présenter des modèles positifs, partager sur ces questions-là de façon ouverte et authentique, favoriser la prise de parole positive au niveau parental, dans les écoles et dans la politique.
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