Un demandeur d’asile de l’Outaouais pensait trouver refuge… puis découvre la rue
Arrivé du Gabon avec l’espoir de bâtir une vie meilleure, Zambo Ondoa Jeffrey Jordan, 31 ans, a vu son rêve freiné par de nombreux obstacles. Demandeur d'asile, il a perdu son emploi en 2021 à cause d’un problème lié à son statut d’immigration. Depuis, il a connu l’itinérance. Avant de trouver ce refuge, il a dormi dans la rue, puis au centre d’hébergement d’urgence Le Gîte Ami pendant deux mois. Zambo Ondoa Jeffrey Jordan vit en hébergement de transition depuis décembre dernier.
Photo : Radio-Canada Pour Zambo, comme pour bien d’autres nouveaux arrivants, l’accès à de l’information demeure une question primordiale. Je n’avais pas cette information qu'il y avait des centres d'hébergement temporaire à Gatineau. Je me suis juste dit que j'allais dormir sous un pont. Le visage de l’itinérance change et Zambo en est l’illustration, selon le directeur général du Gîte Ami, François Lescalier. Ça fait partie des nouveaux visages qu'on voit dans nos services d'hébergement. Alors est-ce qu'un refuge, c'est la place idéale pour un demandeur d'asile? La réponse est non. Mais est-ce qu'on peut leur refuser l'accès? Non, parce que c'est des personnes qui n'ont pas d'hébergement, pas de logement, donc on se doit de les accueillir. Selon le directeur général du Gîte Ami, François Lescalier, entre 10 et 20 % des lits de cet organisme sont occupés par de nouveaux arrivants. Photo : Radio-Canada / Félix Pilon Selon cet organisme, entre 10 % et 20 % des lits sont désormais occupés par de nouveaux arrivants dans l’ensemble des ressources. Intervenant au Gîte Ami, Oumar Dia observe lui aussi une hausse du nombre de demandeurs d’asile dans le centre. Selon lui, deux facteurs expliquent cela : la saturation des services d’accueil et les longs délais de traitement des dossiers. De son côté, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais affirme qu'il offre un accompagnement aux demandeurs d’asile pour les aider dans leurs démarches. Aujourd’hui, Zambo a retrouvé un emploi et cherche activement un logement. Il garde espoir. Avec les informations de Félix PilonVous savez… quand vous êtes seul face à ce genre de problème, personne ne vous tend la main
, confie-t-il lors d’une entrevue accordée à Radio-Canada au projet de transition Mon Calme, où il est hébergé depuis près de six mois. C’est dans une petite pièce remplie de ses effets personnels que Zambo tente de reprendre pied.Je ne savais même pas qu’il existait des centres d’hébergement temporaire à Gatineau. Je me suis dit que j’allais dormir sous un pont
, raconte-t-il. C’est son ancien employeur qui lui a finalement indiqué le chemin vers ce lieu d’accueil.
Quand tu es en situation d’itinérance, tu dois affronter le froid, la faim et l’insécurité.
Un visage qui reflète un changement

Il y a une crise du logement qui fait que, par exemple, il y a des étudiants étrangers qui n'ont pas de logement, qui ont dépensé toutes leurs économies en deux mois et qui arrivent avec leurs valises
, précise-t-il.Services débordés
Beaucoup arrivent sans aucune information. Ils ne savent même pas par où commencer. On devient pour eux un pont vers les centres d’immigration.
C’est possible de s’en sortir. Il faut continuer d’avancer, espérer… et, surtout, demander les bonnes informations.
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