En attente du carrefour de lutte contre les dépendances dans le quartier chinois
En attendant la mise en place d'un carrefour d’aide aux sans-abri et de lutte contre les dépendances cet été dans le quartier chinois d'Ottawa, plusieurs résidents jugent que la situation est difficile depuis la fermeture du centre de consommation supervisée de drogue, à la fin de mars. Cette décision avait été annoncée l’été dernier par la ministre de la Santé de l'Ontario, Sylvia Jones. Pour le remplacer, le Centre de santé communautaire Somerset Ouest a accepté l'entente proposée par la province en janvier pour devenir l'un des nouveaux carrefours d’aide aux sans-abri et de lutte contre les dépendances. La directrice générale du Centre de santé communautaire, Suzanne Obiorah, explique que la première phase de ce projet a déjà été entamée : on offre repas, activités, présentation des options de traitement et orientation vers d'autres services ainsi qu'une équipe d'infirmières. La directrice générale du centre de santé communautaire de Somerset West, Suzanne Obiorah (Photo d'Archives) Photo : Radio-Canada / Jean Delisle La deuxième phase de services devrait s'amorcer cet été. À terme, le carrefour offrira huit options de traitement en santé mentale et en toxicomanie, et sera ouvert 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Pour Mme Obiorah, cette nouvelle formule est très prometteuse. Mais elle ne remplacera pas totalement les pertes causées par la fermeture du site de consommation supervisée, ajoute-t-elle, puisqu'un tel service n'est pas prévu au nouveau carrefour. Nous avons supprimé une option permettant aux gens de consommer en toute sécurité sous surveillance à l'intérieur. Lorsque la ministre Jones a annoncé son plan de fermeture de dix centres de consommation supervisée de drogues, elle a particulièrement insisté sur celui du quartier chinois d'Ottawa, jugeant que la criminalité violente était en forte hausse dans le secteur du Centre de santé communautaire Somerset Ouest. Mais deux mois après sa fermeture, plusieurs résidents que CBC a rencontrés ne sont pas davantage rassurés. Selon eux, la consommation de drogues se fait désormais en public. Un homme consomme de la drogue dans une rue d'Ottawa. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Patrick André Perron Catherine Caldwell qui habite à environ deux pâtés de maisons du Centre de santé communautaire raconte que des voisins trouvent de plus en plus d'accessoires de consommation de drogue sur leur propriété. Selon elle, des cours arrière ont été saccagées, et certains résidents du quartier se disent victimes de harcèlement. Sa voisine, Olivia Vietorisz, a l'impression de ne plus pouvoir quitter sa maison sans être témoin de consommation de drogues en public. Catherine Boucher est la présidente de l'Association communautaire de Dalhousie. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Camille Kasisi-Monet Présidente de l'Association communautaire de Dalhousie, Catherine Boucher soutient que les problèmes se sont propagés à tout le secteur. Si elle reconnaît ne pas disposer de données probantes pour évaluer l’incidence de la décision de la province, Mme Obiorah n’est pas surprise de ces témoignages. Bien qu'il existe d'autres sites de consommation supervisée dans la Basse-Ville et la Côte-de-Sable, la directrice générale du Centre de santé communautaire Somerset Ouest doute que beaucoup de consommateurs soient prêts à se déplacer aussi loin pour consommer. Ariel Troster est conseillère municipale du quartier Somerset, à Ottawa. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Elyse Skura Raison pour laquelle la conseillère du quartier Somerset, Ariel Troster, plaide pour le rétablissement d’un centre de consommation supervisée dans le quartier chinois. Cette prise de position ne fait toutefois pas l'unanimité parmi les voisins rencontrés. De son côté, le ministère de la Santé continue d’affirmer avoir pris la bonne décision. La porte-parole de la ministre Jones, Ema Popovic, explique qu’il s’agissait de répondre aux Selon elle, l'investissement de 550 millions de dollars dans les nouveaux carrefours d’aide aux sans-abri et de lutte contre les dépendances aidera les gens à briser le cycle de la dépendance tout en garantissant la sécurité des communautés. La ministre de la Santé de l'Ontario, Sylvia Jones (Photo d'archives) Photo : CBC En attendant de mesurer l'incidence du nouveau carrefour d’aide aux sans-abri et de lutte contre les dépendances dans le quartier chinois, le Service paramédic d'Ottawa est à pied d'œuvre. Un ambulancier paramédical de soins avancés a été ajouté en janvier. James Taylor répond aux appels urgents, patrouille dans les rues et propose son aide aux personnes sans-abri. Il raconte devoir intervenir pour quatre à huit surdoses par quart de travail. Jusqu'à présent, aucune ne s'est avérée mortelle. Lui aussi dit avoir constaté une hausse de la consommation de drogues en public, mais il estime qu’il est difficile de déterminer le rôle des variations saisonnières, de la fermeture du centre de consommation supervisée du Centre de santé communautaire Somerset Ouest ou d'autres facteurs. L'ambulancier paramédical James Taylor Photo : Radio-Canada / Mathieu Deroy James Taylor reconnaît toutefois craindre que la disparition du centre de consommation supervisée n'aggrave les risques. Invité à réagir, le Service de police d’Ottawa a refusé une demande d’entrevue. Avec des informations d'Arthur White-Crummey, de CBC News
Nous avons besoin d'un continuum de services et de soutiens pour faire face à cette crise des drogues toxiques!
dit-elle. La suppression d'un de ces soutiens essentiels dans ce continuum crée des risques importants et des lacunes dans notre communauté.
Des voisins inquiets

La situation commence à s'aggraver et à devenir de plus en plus dangereuse
, soutient-elle.
La fermeture de notre site de consommation supervisée n'a amélioré la sécurité de personne ici.

Nous sommes en pleine crise. Nous trouvons des aiguilles, des flacons de pilules, toutes sortes d'objets disséminés dans le quartier, et des personnes consommant des drogues sur des terrains publics et privés. C'est un quartier qui connaissait déjà de nombreuses difficultés à cet égard, et cela n'a fait qu'empirer les choses.
La province défend sa décision
graves préoccupations en matière de sécurité soulevées par les parents et les communautés
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Maintenant que nous avons moins de personnel médical pour surveiller ces personnes, nous allons devoir compter sur le simple fait que les passants voient quelqu'un faire une surdose, alors qu'auparavant, elles se trouvaient dans un centre de consommation supervisée sûr.
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