Des agriculteurs inquiets pour leurs contrats avec Food Dépôt alimentaire
L’inquiétude règne chez des agriculteurs du Nouveau-Brunswick qui attendent toujours de savoir si leurs contrats avec Food Dépôt alimentaire seront renouvelés. Fredericton a réduit une partie du financement de l’organisme qui tente de répondre à une demande qui ne cesse de croître. Rébeka Frazer-Chiasson est fermière à la Coopérative Ferme Terre Partagée à Rogersville. Depuis cinq ans, l’entreprise a une entente avec Food Dépôt alimentaire pour l’achat et la distribution de légumes vers les banques alimentaires. Environ 40 % de sa production y est destinée. Mais cette année, c’est l’incertitude. Rébeka Frazer-Chiasson est fermière à la Coopérative Ferme Terre Partagée à Rogersville. Photo : Radio-Canada Pourtant, tout est prêt, dit-elle. Les produits plantés en serres sont prêts à être transférés dans les champs. On se demande si tout le travail, si tout ce qu’on a mis était en vain ou si on va pouvoir sauver notre année. Sarah Smith comprend la situation stressante que vivent les agriculteurs. Elle est la coordonnatrice d’un programme de produits locaux qui fait le lien entre Food Dépôt alimentaire et les producteurs. En raison des compressions que l'organisme subit, elle n’a pas pu signer des ententes avec des agriculteurs, malgré le fait que tout était prêt et que les producteurs ont déjà planté leurs semences ou sont sur le point de le faire. Sarah Smith s'occupe de faire le lien entre Food Dépôt alimentaire et certains producteurs locaux pour la distribution de produits locaux vers les banques alimentaires. Photo : Radio-Canada Elle ajoute que plus de 20 000 livres de produits locaux sont habituellement distribués chaque année vers les banques alimentaires dans la province, grâce aux ententes de distribution avec les agriculteurs. Par courriel, le directeur général de Food Dépôt alimentaire, Stéphane Sirois, explique avoir reçu 2 millions de dollars de Fredericton chaque année au cours des deux dernières années pour l’achat de nourriture. Stéphane Sirois est le directeur général de l'organisme Food Dépôt Alimentaire. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani Pour cette raison, une douzaine de contrats d’achats avec des agriculteurs ont été suspendus. L’organisme qui fournit les banques alimentaires dans la province a vu son budget consacré à l’achat de nourriture augmenter de près de 1400 % face à une hausse historique de la demande. Le budget total est évalué à 5 millions de dollars. Jusqu’à présent, seulement 50 % des fonds sont trouvés, ce qui inclut le 1 million de dollars du gouvernement. Stéphane Sirois affirme qu’une rencontre est prévue la semaine prochaine avec Fredericton. L’organisme avait demandé 3,5 millions de dollars cette année. Il souhaite aussi s’entendre sur un financement à long terme, comme c’est le cas pour le programme des petits-déjeuners dans les écoles, qui prévoit un financement provincial sur trois ans. Dans les banques alimentaires, c’est la consternation. Le président du conseil d’administration de la banque alimentaire Deuxième chance à Moncton, Christopher Pellerin, l’a appris de la bouche des agriculteurs. Christopher Pellerin ajoute que la banque alimentaire a accueilli plus de 5000 personnes l’an dernier. Il s’attend à atteindre les 8000 cette année. Donna Eagles est la coordonnatrice à l'engagement communautaire au Centre de distribution alimentaire Peter McKee. Photo : Radio-Canada / Kristina Cormier Au Centre de distribution alimentaire Peter McKee à Moncton, c’est le même son de cloche. On peine déjà à fournir à la demande actuelle, sans la livraison de ces fruits et légumes, la situation ne fera qu’empirer. Lors d’un point de presse mardi, la première ministre Susan Holt disait être en discussion avec Food Dépôt alimentaire pour un nouvel accord d’entente. La première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt. (Photo d'archives) Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld De leur côté, les deux partis d’opposition demandent au gouvernement de revenir sur sa décision de couper dans le budget alloué à Food Dépôt alimentaire. Avec les informations d’Alix Villeneuve
On entend maintenant que c'est suspendu ou que c'est incertain s’ils vont pouvoir honorer l’entente à cause de coupures de leurs côtés
, dit-elle.C’est vraiment à la dernière minute, si c'était au mois de janvier, on aurait peut-être eu une différente réaction qu’à la mi-mai
, lance-t-elle.20 000 livres de produits locaux

C'est déjà en travail et si on n’a pas le contrat, bien c'est vraiment stressant pour les fermiers parce qu’on ne sait pas où la nourriture va aller.
Un financement réduit d'1 million
Jusqu’à présent, nous avons seulement reçu 1 million de dollars cette année
, dit-il.
Il n'y a aucune raison pour que nous ne puissions pas faire la même pour soutenir l'achat de nourriture pour les banques alimentaires
, soutient Stéphane Sirois. Cela nous permettrait de maximiser notre pouvoir d'achat et de confirmer les contrats avec les agriculteurs dès le début de l'année afin que chacun puisse planifier sa saison.
Une douche froide
C’est des centaines et des centaines de livres qui viennent des fermiers qu’on va pas avoir, et ça fait une différence
, lance-t-il.Ça me fait mal au cœur, franchement. Parce qu’il y a des gens qui en ont vraiment besoin et si le financement n’est pas là, c’est vraiment difficile.

Cela va entraîner un stress énorme et c'est très regrettable pour nos clients, d'autant plus que nous avons une grande population de végétariens qui dépendent vraiment de ces produits
, précise Donna Eagles, coordonnatrice à l’engagement communautaire.
J’espère que cela servira à stabiliser les contrats qu'ils ont avec les agriculteurs du Nouveau-Brunswick.
Je pense que c'est tout simplement inadmissible. Je leur demande d'y repenser, de faire marche arrière. [...] La décision doit être prise rapidement, car les agriculteurs sont en train de planter
, dit la porte-parole en matière de Développement social et ancienne ministre de l'Agriculture, Margaret Johnson.Le besoin augmente en flèche dans notre province alors que les banques alimentaires ont besoin de plus d’appui qu'avant même. Alors c'est un pansement, mais c’est un pansement qui assure que les gens dans nos communautés peuvent manger et c’est très important et c’est urgent
, affirme la députée du Parti vert, Megan Mitton.
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