Québec dotera les prisons de dispositifs anti-drone et de détecteurs corporels
Aux prises avec des problèmes grandissants de contrebande et de sécurité à l’intérieur des centres de détention, le ministre de la Sécurité publique, François Bonnardel, a annoncé lundi l’installation de dispositifs aux fenêtres des prisons pour enrayer le transport de marchandises par drones. Des systèmes de détection corporels seront aussi installés dans tous les établissements. Autant les détenus que le personnel auront l’obligation de s’y soumettre lors de chaque entrée. Le ministre Bonnardel, qui rencontrait lundi les médias au centre de détention de Rivière-des-Prairies, a déclaré sans détour que l'objectif du gouvernement était Le ministre de la Sécurité publique du Québec, François Bonnardel, annonce une offensive de son gouvernement contre la contrebande entre les murs des prisons québécoises. Photo : Radio-Canada Québec veut d’abord empêcher la livraison de marchandises de contrebande aux fenêtres des cellules à l’aide de drones pilotés par des opérateurs à l’extérieur des murs. C’est pourquoi des entraves seront installées pour empêcher ces engins volants d’atteindre les fenêtres des établissements carcéraux. Des drones transportant des objets de contrebande, pilotés de l'extérieur de la prison, s'approchent des fenêtres où des détenus peuvent ensuite récupérer leur cargaison. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Toutes les fenêtres des centres de détention devraient être entravées et grillagées au cours des prochains mois. Selon le ministre, les services de détention saisissent en moyenne 70 % des livraisons par drones dans l'ensemble des prisons, à l'heure actuelle. Les nouvelles mesures devraient contribuer à augmenter sensiblement ce pourcentage, espère M. Bonnardel. En ce qui a trait à l'installation de brouilleurs d'ondes pour empêcher les drones et les cellulaires de fonctionner dans le périmètre des prisons, le ministre a expliqué que ces technologies seront déployées bientôt, dans le cadre des phases 2 et 3 du plan de sécurisation. L’établissement de détention provincial de Rivière-des-Prairies, à Montréal, où le ministre Bonnardel rencontrait les médias. Photo : Google Maps Toujours dans l’idée d’enrayer la contrebande en provenance de l’extérieur, des détecteurs corporels, du même type que ceux qu’on utilise dans les aéroports, seront installés dans tous les établissements carcéraux sous l'autorité de Québec d’ici le 31 mars 2027, a promis François Bonnardel. Cette technologie d’imagerie avancée permet notamment de détecter en quelques secondes si des objets sont dissimulés dans les cavités corporelles des détenus. Tous devront s’y soumettre lors de leur admission. Des détecteurs corporels comme on en utilise dans les aéroports seront installés dans tous les centres de détention provinciaux du Québec. (Photo d'archives) Photo : Reuters / Jonathan Ernst C’est un outil plus performant, plus rapide et moins intrusif que les fouilles à nu. Le reportage de Gabrielle Proulx En plus des détenus, tous les visiteurs ainsi que les employés des centres carcéraux devront passer sous une arche de détection lors de leur arrivée. Leurs effets personnels seront aussi examinés à l’aide d’un dispositif à rayons X, a prévenu François Bonnardel. Le coût de ces mesures de sécurité supplémentaires sera assumé au moyen d'une somme de 35,8 millions de dollars sur cinq ans – annoncée en octobre 2023 – qui s’ajoutent aux 9,2 millions déjà prévus dans le Plan québécois des infrastructures (PQI) 2019-2029 pour augmenter la sécurité dans les prisons. La contrebande et le manque de personnel sont deux importants défis à relever dans les prisons québécoises. Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot Depuis plusieurs années, la contrebande de drogue et notamment de téléphones cellulaires, qui sont interdits en prison, était devenue endémique au sein des institutions carcérales québécoises. Cela permet notamment à de nombreux criminels et de chefs de gang de continuer de gérer leurs activités extérieures même s’ils sont emprisonnés. La sécurité des agents correctionnels, qui peuvent faire l’objet de pressions, d’agressions ou d’intimidation à la demande de ces personnes capables de communiquer avec l’extérieur, devenait également un problème. Soulevé à maintes reprises par les agents correctionnels qui sont toujours en négociation avec le gouvernement, le manque d'effectifs dans les prisons québécoises s'améliorerait, aux dires du ministre.de s’attaquer à la contrebande de cellulaires, de drogue et d’autres objets illicites en milieu carcéral
.
Différents types d’entraves ont été testées, notamment ici, à Rivière-des-Prairies, avec des clôtures autoportantes. Elles se sont avérées très efficaces pour empêcher les drones d’approcher suffisamment des fenêtres pour que les détenus puissent récupérer les colis
, a expliqué François Bonnardel.
On va aussi installer des grillages aux fenêtres pour dissuader les détenus de les démonter pour tenter de récupérer les fameux colis. L’ajout de ces grillages dans les établissements où ils ont été testés démontre qu’il s’agit d’une avenue efficace
, a poursuivi le ministre.
Détecteurs corporels
Les agents des services correctionnels pourront également y faire défiler des détenus envers lesquels ils entretiennent des soupçons
, a ajouté le ministre.
Cette technologie, que certains ont déjà vue en action dans les aéroports, est déjà utilisée dans les milieux carcéraux ailleurs dans le monde et au Canada, mais c’est une première au Québec
, a ajouté le ministre.Nous avons déjà en date d’aujourd’hui six scanners qui ont été installés et mis en opération. On va poursuivre la mise en opération de 11 autres appareils. Ce qui permettra de couvrir l’ensemble des établissements de détention au Québec.

Tous les visiteurs et les employés
Lors de mon arrivée, j’avais constaté une certaine inégalité entre les établissements de détention au niveau des arches de sécurité. Certains en avaient, d’autres n’en avaient pas. D’ici le 31 mars 2026, ce sera l’ensemble des établissements qui en seront équipés. On a présentement 11 centres de détention qui en ont, il y en a six autres qui restent à faire.
Il s’agit d’investissements historiques pour accroître la sécurité des personnes, la sécurité du personnel et des lieux dans nos prisons
, a déclaré François Bonnardel.C’est un combat qui n’est pas évident. C’est un travail complexe et de longue haleine, mais c’est une priorité autant pour moi que pour le gouvernement et on va continuer d’y travailler plus que jamais
, a-t-il assuré.
À la sortie de la pandémie, […] on avait à peu près 400 postes à pourvoir. [...] Je suis content de vous dire aujourd’hui que dans les derniers 15 jours, les derniers chiffres que j’ai eus, on est à 230 postes à pourvoir sur 3000 […] Il y a 36 autres recrues qui vont graduer le 4 juin prochain. On continue d’y travailler.
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