Un discours du Trône qui inquiète les syndicats de la fonction publique
Si le doute planait encore sur l’avenir de la fonction publique, le discours du Trône prononcé mardi par le roi Charles III vient de le dissiper. Le gouvernement libéral de Mark Carney veut faire de la réduction des dépenses gouvernementales une priorité de son mandat. Pour y arriver, le nouveau gouvernement élu table sur une limitation de la croissance des dépenses courantes à moins de 2 % par année, une réduction significative par rapport aux 9 % de l'ère Trudeau. Parmi les autres mesures, les libéraux, comme annoncé dans leur plateforme libérale, misent également sur le plafonnement des effectifs dans la fonction publique, le déploiement de nouvelles technologies pour accroître la productivité, la réduction du fardeau administratif et enfin l’élimination des dédoublements. Dans toutes ses actions, le gouvernement sera guidé par une nouvelle discipline fiscale : dépenser moins, pour que les Canadiens puissent investir plus. Aussitôt prononcé, le discours du Trône a rapidement fait sourciller les syndicats de la fonction publique. Bien que non surpris par ces annonces déjà faites lors de la campagne électorale, les syndicats se questionnent sur comment le gouvernement atteindra ses objectifs sans effectuer de compressions dans la fonction publique. Marc Brière, le président national du Syndicat des employé-e-s de l’Impôt. Photo : Radio-Canada Pour sa part, le président de l'Association canadienne des employés professionnels (ACEP), Nathan Prier, rappelle que si le premier ministre veut se donner les moyens de ses ambitions, il faudra plutôt qu’il investisse dans la fonction publique. Même son de cloche du côté de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC). Mark Carney veut faire de la réduction des dépenses gouvernementales une priorité de son mandat. Photo : Radio-Canada / Pierre-Paul Couture L’usage de l’intelligence artificielle (IA) pourrait être une des solutions adoptées par le gouvernement libéral pour arriver à son objectif de rétablir le budget de fonctionnement de l’État à une croissance annuelle à moins de 2 %. Interrogés à ce propos, les syndicats se sont montrés dubitatifs. Même si l’IA est présente dans le quotidien des Canadiens et que son arrivée au sein du monde du travail est inéluctable, le président de l’ACEP appelle le gouvernement à faire preuve de vigilance. Le président de l'Association canadienne des employés professionnels (ACEP), Nathan Prier. Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle Marc Brière est pour sa part plus inquiet. Alors que le gouvernement Carney souhaite faire des économies de 28 milliards de dollars au cours des quatre prochaines années, le vice-président de l’Institut de finances publiques et de la démocratie à l’Université d’Ottawa, Sahir Khan, rappelle que cet argent ne pourra pas seulement être trouvé dans la réduction de la fonction publique, mais dans tous les programmes de l’État. Avec les informations d'Estelle Côté-SrokaLe premier ministre veut augmenter les effectifs dans certains domaines comme la défense nationale, aux douanes, et cetera
, souligne, le président national du Syndicat des employé-e-s de l’Impôt (SEI), Marc Brière. Mais pour faire ça [...] il faut qu’il coupe ailleurs. [...] Présentement, le gouvernement coupe massivement dans différents endroits, entre autres à l'Agence du revenu du Canada, donc pour moi, ça n’annonce rien de bon.

Si Mark Carney est sérieux, à livrer, à tenir ses promesses envers les Canadiens, [avec] des grands programmes pour bâtir la nation qu’il vient de promettre, il aura besoin de main-d'œuvre.
On n’est pas surpris, mais ça n'a pas de sens non plus
, se désole Ruth Lau MacDonald, vice-présidente exécutive Région de la capitale nationale. On parle d'augmenter les services aux Canadiens, mais on voit quand même que les coupes n’arrêtent pas et qu'on a des membres qui perdent leur emploi.

Miser sur l’IA
Toute mise en œuvre de nouvelles technologies, de l'IA, doit se faire avec prudence et en examinant très sérieusement ce que ces technologies sont réellement capables de faire
, note M. Prier.
On est ouvert à ça, évidemment, à discuter pour négocier, mais si c'est pour aider le travail des fonctionnaires, s'occuper de tâches répétitives
, explique le président national du SEI.Mais j'ai des craintes que [ça puisse aller] plus loin et qu'il [le gouvernement] puisse utiliser l'intelligence artificielle pour remplacer des travailleurs.
L'inquiétude des syndicats est basée sur l'idée que toutes ces économies vont être trouvées dans le budget de compensation pour les fonctionnaires. Moi, je crois que le gouvernement va poursuivre des économies de base dans des dépenses beaucoup plus grandes. Ça va inclure les subventions et les contributions
, conclut-il.
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