Un élève du CFP Harricana représentera le Canada au Mondial des métiers
Un élève du Centre de formation professionnelle (CFP) Harricana représentera le Canada au Mondial des Métiers à Shanghai, en septembre 2026. Félix Lafrance s’est qualifié lors des Olympiades canadiennes des métiers et des technologies disputées du 28 au 31 mai à Regina, en Saskatchewan. Bien qu’il soit médaillé de bronze, Félix Lafrance a obtenu le meilleur résultat en Tournage CNC, un procédé d’usinage, parmi les compétiteurs en âge d’aller au Mondial. Il faut dire qu’il est ressorti déçu de sa première épreuve des Olympiades canadiennes, où il a dû confectionner une pièce en fraisage numérique. Il s’est toutefois ressaisi et a très bien fait à l’épreuve du tournage, le lendemain. Je pense qu’une de mes forces, c’est que j’arrive à gérer mon stress tout au long de la compétition. J’étais moins stressé que quand je faisais des pratiques à l’école. Auparavant, celui qui vient de terminer sa formation au programme d’usinage CNC au CFP Harricana avait remporté l’or aux Olympiades provinciales ainsi qu’à la compétition régionale. Un autre élève de la région, Maxim Labonté du Centre de formation professionnelle Lac-Abitibi, a aussi remporté le bronze aux Olympiades canadiennes, mais en soudage. Nathaniel Bernard, du CFP Val-d’Or, a quant à lui terminé 4e en peinture automobile. Félix Lafrance se démarque notamment par sa soif d’apprendre et de se dépasser, selon l’enseignant Éric Bilodeau, qui agit comme son entraîneur. Le Centre de formation professionnelle Harricana, à Amos. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Martin Guindon Félix Lafrance s’accorde maintenant quelques semaines de repos avant de s’attaquer à son programme d’entraînement qui se déploie sur les 16 prochains mois. Il doit rehausser son niveau afin d’affronter les représentants de 19 autres pays. L'enseignant Éric Bilodeau et Félix Lafrance devant un centre d'usinage CNC, qui permet de tailler des pièces avec précision dans le métal.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon Le défi est de taille, mais l’expérience lui sera très bénéfique selon l’enseignant. Félix Lafrance espère trouver un bon équilibre pour concilier un possible emploi avec son entraînement et sa vie sociale. Il veut surtout retirer le maximum de cette expérience hors du commun. Je vois ça comme quelque chose de gros, mais il ne faut pas que ça prenne trop de place non plus. Mon but, personnellement, ce n’est pas de gagner, c’est juste de m’amuser là-dedans et d’obtenir le meilleur résultat dont je suis capable. Je vois pas mal tout ça comme des apprentissages qui vont m’aider plus tard dans ma carrière si je continue là-dedans. Félix Lafrance est le troisième élève en usinage du CFP Harricana à se qualifier pour le Mondial, après Éric Demers en 1999 et Yannick Godbout, en 2000. Il est aussi le premier Québécois depuis 2019.Je suis vraiment content de m'être qualifié. J'étais un peu surpris quand j’ai été nommé pour aller sur le podium parce que selon moi, mes morceaux étaient ordinaires. Mais j’ai été encore plus surpris quand j’ai su que c'est moi qui allais à Shanghai
, raconte-t-il.Une soif d’apprendre
Quand les élèves participent aux Olympiades, c’est un peu le moment de se dépasser. On va donc toujours un petit peu plus loin que ce que la formation demande. Puis ça prend quelqu’un comme Félix, des élèves passionnés, qui ont le goût et qui sont curieux
, fait-il valoir.
Je suis vraiment intéressé tout le temps, comme poussé à aller voir plus loin ce qui se fait avec des machines plus complexes ou comment le faire plus efficacement
, reconnaît le jeune élève de 17 ans de La Corne, près d’Amos.Un entraînement de 16 mois

L'équipement que Félix devra utiliser à Shanghai, il ne le connaît pas. Il devra s’entraîner soit dans des entreprises qui ont des machines similaires, soit se déplacer dans le coin de Montréal. Il y a toute une logistique pour entourer Félix. Je veux qu’il se sente entouré d’une équipe derrière lui, qui va l’aider à organiser des choses pour lui
, explique Éric Bilodeau.Les pays asiatiques sont très qualifiés. Ces gens-là s’entraînent à temps plein. Je ne pense pas que ça pourra être le cas pour Félix, mais on veut quand même atteindre un certain niveau. Et tous les apprentissages qu'il va faire avec les machines, avec le logiciel, c'est comme un extra à sa formation, c'est un perfectionnement à son DEP (diplôme d'études professionnelles) en usinage
, souligne M. Bilodeau.Le premier en plus de 25 ans
C’est très rare. Ça n’arrive pas chaque année, ça n’arrive pas aux 10 ans. Ça fait plus de 25 ans que c’est arrivé la dernière fois
, souligne Éric Bilodeau.
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