Recycler les vapoteuses pour prendre conscience de leur impact écologique
La Cité étudiante Polyno de La Sarre a inauguré vendredi 6 juin son bac pour le recyclage des vapoteuses. Ce projet prend place dans le Plan pour une génération sans fumée (PGSF), et joue sur l’enjeu environnemental pour inciter les jeunes à arrêter de fumer. Le vapotage est à la mode chez les jeunes. À La Polyno, les chiffres de consommation étaient particulièrement importants ces dernières années. Les efforts mis en place depuis ont permis de retrouver des chiffres dans la moyenne de la province. Cette année, 7 % des élèves de secondaire 1 ont vapoté dans les 30 derniers jours, contre 29 % des élèves en 2021, d’après les données récoltées par Karyne Chabot. Parmi les mesures mises en place pour encourager les jeunes à arrêter de fumer, l’idée de ce bac de recyclage permet de jouer sur la sensibilité environnementale. La directrice de la Cité étudiante Polyno, Manon Labbé. Photo : Radio-Canada / Mathilde Blayo Le bac de recyclage est situé au cœur de l’établissement, dans un lieu de passage et est transparent. Quelques élèves ont déjà déposé des vapoteuses usagées. Pour Eloi Huot, étudiant de la Polyno et engagé dans le PGSF, l’enjeu environnemental peut pousser les jeunes à arrêter de fumer. Eloi Huot est impliqué dans le PGSF. Photo : Radio-Canada / Mathilde Blayo Pour d’autres jeunes fumeurs, l’impact sera peut-être plus long à venir. Le bac de récupération transparent permet de visualiser la quantité de vapoteuses consommées par les jeunes de l'établissement. Photo : Radio-Canada / Mathilde Blayo Pour autant, il espère pouvoir arrêter avant ses études, malgré la difficulté que cela représente. En tant qu'intervenante en toxicomanie, Karyne Chabot accompagne les jeunes pour les aider à arrêter de fumer. Photo : Radio-Canada / Mathilde Blayo Les effets physiques de la consommation de vapoteuses sont identifiés par les jeunes, qui rapportent à Karyne Chabot des situations d’essoufflement. Mais elle soulève aussi les impacts sur leur santé mentale, souvent plus négligés. Les composants des vapoteuses récoltées dans le bac seront ensuite triés et acheminés dans les lieux de recyclage dédiés par l’équipe du PGSF.En 2021, on avait des chiffres très élevés. Au niveau du premier cycle, [c’était] presque trois fois au-dessus de la moyenne du Québec
, rapporte Karyne Chabot, intervenante en toxicomanie à la Cité étudiante.
Karyne s’est rendu compte que beaucoup d’élèves gardaient leurs vapoteuses cachées un peu partout dans leur chambre, raconte Manon Labbé, directrice de la Cité étudiante Polyno. On s’est dit : “Il y a un impact environnemental, il faut conscientiser la population”.
On va voir combien il va y en avoir au fil des semaines, parce que c’est la quantité qui va faire prendre conscience aux élèves de combien il s’en consomme dans l’école, explique la directrice. Si ça avait été caché, ils les auraient jetées sans jamais se douter de l’impact que ça pourrait avoir.
Une dépendance difficile à rompre

La voir monter [la poubelle] ça va vraiment venir me chercher puis comprendre que, câline, il serait temps qu’on fasse de quoi
, estime-t-il.Je trouve que c’est une bonne idée
, confie Antoine Camousseigt, mais il n’est pas persuadé que l’enjeu environnemental suffise à le pousser à arrêter.
Je pourrai songer honnêtement, mais maintenant qu’il y a la poubelle… pas vraiment, reconnaît-il. Je vais juste les jeter dedans et ça va être correct.
La nicotine, on le sait, c’est une substance qui crée de la dépendance pratiquement le plus rapidement, rappelle Karyne Chabot. Donc les ados qui ont le cerveau en plein développement sont très très vulnérables à tout ça.

Il y a plein de neurotransmetteurs impliqués avec la nicotine. Quand on n’en a pas, qu’on est en manque, notre corps en réclame, on devient plus anxieux
, indique-t-elle, mentionnant que pour certains, des états dépressifs peuvent en découler, voire des changements de personnalité.
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