L’âge et l’insouciance auraient aidé la fillette disparue à survivre, selon des experts
Depuis que la Sûreté du Québec a annoncé avoir retrouvé une fillette de 3 ans en Ontario, près de quatre jours après sa disparition, une question est sur toutes les lèvres : comment a-t-elle survécu? Lorsque les policiers de la Police provinciale de l’Ontario ont retrouvé l’enfant, elle était dans une forme inespérée compte tenu de l’épreuve qu’elle venait de traverser. Faible et déshydratée, elle parvenait tout de même à parler et à marcher. Pour les spécialistes, il ne fait pas de doute que l’âge et l'insouciance de la petite ont contribué à sa survie. La pédopsychiatre Cécile Rousseau n’est par ailleurs pas étonnée d’apprendre que la fillette attendait le retour de sa mère. Les tout petits enfants ont quelquefois la capacité, quand ils se retrouvent tout seuls, de dissocier. Ça veut dire qu’ils se retrouvent dans une bulle, comme s’ils déconnectaient du monde extérieur, et ils attendent. Ils arrêtent de pleurer, de crier, ils arrêtent même de bouger et se mettent un peu comme en état d’hibernation. La Dr Rousseau affirme que la dissociation est un mécanisme de défense Luisa Crassoski, une éducatrice rencontrée à St-Albert, en Ontario, non loin de l'endroit où la petite a été retrouvée, près de Casselman, avance elle aussi que la fillette s’est posée sur le bord de la route pour attendre calmement le retour de sa mère. La compréhension d’un enfant n’est pas abstraite. Si elle a dit [aux policiers] qu’elle attendait sa mère, c’est parce qu’on lui a dit d’attendre ici. [...] C’est une petite fille innocente. Elle n’avait pas de compréhension, outre le fait qu’elle attendait sa mère, son réconfort. Celui qui affirme avoir assisté à des sauvetages de ce genre à cinq reprises en 35 ans de carrière rappelle que les enfants de cet âge M. Lapointe ajoute qu’ils Si la Dr Rousseau souligne que la capacité de dissociation de la bambine l’a sans doute aidée à traverser cette épreuve, elle avance que ce mécanisme pourrait potentiellement lui nuire dans le futur. La mère de la fillette, Rachel-Ella Todd, doit répondre à des accusations d’abandon d’enfant. Pour l’instant, il n’est pas exclu qu’elle puisse un jour retrouver sa fille. Un parent peut en arriver à des gestes désespérés, mais ça ne veut pas dire qu’on n’aime pas notre enfant, et ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de futur. Peu importe le dénouement, la Dr Rousseau affirme que l’enfant aura besoin de sa mère, même si elle présente des problèmes graves. La mère doit comparaître à nouveau vendredi.Les enfants bien attachés, qui tiennent à leurs parents, vont exprimer ce genre de choses. Ça veut dire qu'au-delà de tout, et même si j’ai passé trois jours toute seule, j’attends toujours ma maman et je l'attendrai toujours
, explique-t-elle.assez protecteur
et que c’est sans doute ce qui a permis à la petite de ne pas paniquer et de préserver ses forces.On a déjà vu des choses très surprenantes, des tout-petits qui peuvent survivre plusieurs jours. Évidemment, ils sont déshydratés, mais ils peuvent y arriver quand même. C’est certain que si elle avait accès à de la nourriture ou de l’eau, cela a dû l'aider
, présume la pédopsychiatre.
Les enfants ont une capacité de résilience insoupçonnée
Les enfants ont une capacité de résilience insoupçonnée
, lance pour sa part le président de l’Association québécoise des bénévoles en recherche et sauvetage, Guy Lapointe.s’endorment rapidement
et peuvent ainsi récupérer plus facilement.n’ont pas nécessairement le facteur stress
, même s’ils comprennent le facteur abandon
. La température clémente, idéale
pour déployer une opération de cette ampleur, a également aidé à maintenir l’enfant en bonne santé.Qu’est-ce qui attend la fillette?
Si la situation d’adversité persiste, ça peut revenir. L’enfant pourrait avoir tendance à se déconnecter
lorsqu’elle vivra des moments difficiles plus tard dans sa vie, estime-t-elle.On ne peut pas spéculer, mais je peux dire que j’ai vu des mamans, même homicidaires, qui ont été réunifiées avec leurs enfants
, affirme la Dr Rousseau.Dans la mesure du possible, en tenant compte de la sécurité de l’enfant, ce lien-là, il faut le maintenir. C’est important que cette enfant sache que sa maman et son papa l’aiment, même s’ils ne sont pas capables de prendre soin d’elle.
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