Une activité seins nus annulée dans un spa, faute d’un permis de divertissement exotique
Les propriétaires d’un spa nordique néo-brunswickois déplorent l’aspect « vieux jeu » de la province. Le gouvernement leur a demandé de se procurer une licence de divertissement exotique pour pouvoir organiser un événement bien-être réservé aux femmes qui se déroule seins nus. Katie Carson et Ashley Ward ont ouvert l'Hope-Wellness Eco-Resort dans le comté d'Albert en janvier 2023. L'année suivante, elles ont créé les Topless Tuesdays, ou Mardi torse nu en français, des événements où elles cherchaient à donner plus de confiance aux femmes. Lors de cette activité privée, le site limitait les visites aux participantes inscrites et aucun homme n’était admis. Le personnel était exclusivement composé de femmes. Les propriétaires de Hope-Wellness Eco-Resort, Katie Carson (à gauche) et Ashley Ward (à droite). Photo : Radio-Canada / Kristina Cormier Les soucis ont commencé lorsqu'elles ont voulu faire la promotion sur les réseaux sociaux d'une séance qui devait avoir lieu le 24 juin. Dans les commentaires, des utilisateurs ont pour la première fois réagi négativement. Quelques jours après la publication, les copropriétaires ont reçu un appel. Le 16 juin, un agent de la Direction des services d’alcool et de jeux de la province leur demande des détails sur l’activité pour déterminer s’il respecte les réglementations provinciales. Katie Carson affirme que l’agent lui aurait expliqué que cela n’était pas permis et que si l’événement avait lieu, des inspecteurs visiteraient le site le 24 juin et cela aurait des répercussions sur la licence d’alcool. Elle lui aurait demandé plus d’explications. Les deux partis ont finalement conclu qu’une agente femme rappellerait les propriétaires quelques jours plus tard pour discuter de l’enjeu. Le 18 juin, l’agente en question appelle les copropriétaires pour expliquer plus en détail les règlements en vertu de la Loi sur la réglementation des alcools du ministère de la Sécurité publique du Nouveau-Brunswick. Les installations extérieures du Hope-Wellness Eco Resort, dans le comté d'Albert au Nouveau-Brunswick. Photo : Radio-Canada / Kristina Cormier Le 22 juin, les propriétaires, sans nouvelle du gouvernement, décident d’annuler leur événement et publient une vidéo explicative sur les médias sociaux qui devient vite virale. Une femme au Hope-Wellness Eco-Resort. Photo : Gracieuseté : Hope-Wellness Eco-Resort La veille de la date initiale de l’événement, les propriétaires reçoivent enfin la documentation légale promise. D'après le site web du gouvernement du Nouveau-Brunswick, Le duo accepte mal cette réponse, affirmant que leur événement n’a rien d’un spectacle ou d’un divertissement. Ils demandent une exemption. Elles auraient même proposé de s’abstenir de servir de l’alcool lors de l’événement pour permettre la tenue de l’événement. Les installations extérieures du Hope-Wellness Eco Resort, dans le comté d'Albert au Nouveau-Brunswick. Photo : Radio-Canada / Kristina Cormier Elles allèguent qu'on leur a répondu qu’aucune exemption ne pouvait être accordée à la nudité publique dans les zones sous licence d’alcool dans la province. La seule option proposée si l'évènement avait lieu : annuler leur licence d’alcool. Par courriel, le ministère de la Justice et de la Sécurité publique dit être Katie Carson et Ashley Ward estime que leur événement bien-être pour les femmes Des femmes participent à l'événement Top Less Tuesday de l'établissement Hope-Wellness Eco-Resort, au Nouveau-Brunswick. Photo : Gracieuseté : Hope-Wellness Eco-Resort Depuis que le Top Less Tuesday a été annulé et que la vidéo de l’entreprise est devenue virale, le duo dit avoir reçu une vague d’encouragement de femmes et d’hommes du Canada, de l’Europe et de l’Australie qui serait Pour Katie Carson, le problème dépasse le simple fait que l’annulation de l’évènement ait été forcée. Le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick croit également qu'il y a encore du chemin à faire quant à la façon dont la société perçoit les femmes. La coprésidente de l'organisme, Arianne Melara Orellana, regrette que même en 2025 Avec des informations de Kristina CormierDans le passé, tout s’est toujours bien passé. On est une petite communauté de femmes, on permet normalement un maximum de 12 participantes, pour que ça demeure intime et que tout le monde se sent à l’aise
, explique Katie Carson.
Je lui ai répondu que toute l’information était publiée sur le site Internet. Il m’a répondu qu’il avait vu, mais voulait savoir spécifiquement si l’option sein-nu était offerte lors de l’événement. J’ai répondu bien sûr que oui, c’est le but même de l’événement
, avance Katie Carson, qui a précisé que l'événement n'était en aucun cas un spectacle.Une licence de divertissement exotique
C’était compliqué […] je lui ai demandé si c’était possible d’avoir une copie courriel, plus tôt que tard, afin que je puisse communiquer avec un avocat pour mieux comprendre ce qu’on faisait de mal
, dit Katie Carson.
La dernière chose qu’on veut, c’est de se battre avec le gouvernement
, assure Katie Carson.La seule chose qu’on souhaite, c’est un espace où nous puissions faire de l’empowering [l'autonomisation] pour les femmes et la communauté. On est là pour défendre ça.

Ça ne nous a pas donné beaucoup de temps pour nous réajuster ou avoir de l’aide juridique
, déplore Katie Carson.Grosso modo, on nous a clairement dit par courriel et par téléphone que l’événement était considéré comme du ''divertissement en direct'' et que si on voulait l’organiser, il fallait se procurer une licence de divertissement exotique.
une licence de présentation de spectacles de personnes (danse exotique) est requise pour des spectacles de personnes dans un établissement titulaire d’une licence d’alcool
. Les frais pour l'obtenir sont de 750 $.Une exemption réclamée
On est un établissement avec une licence qui cherche juste à créer un espace sécuritaire où de l’alcool peut être servi
, rappelle Katie Carson.
au courant de la décision et l'examine
.Un espace sécuritaire pour les femmes
a été sexualisé
en raison d’une réglementation vraiment vieux jeux et passé date
.À Hope-Wellness, on veut encourager les gens à se sentir bien dans leur peau dans un espace sécuritaire et bienveillant. On a toujours eu comme objectif d’élever les femmes et de ne pas les abaisser
, poursuit Katie Carson.On est vraiment attristé de voir comment cette situation a évolué
, dit Ashley Ward. On voulait seulement créer un espace pour les femmes.

fâchés
et trouverait la situation inacceptable
.C’est vraiment plus qu’on trouve ça inacceptable de nous faire dire que ce que nous avons le droit ou non de faire avec nos corps
, tranche-t-elle. On ne pensait pas qu’en 2025 on serait confronté à ça. On pensait que le Canada était généralement progressiste, surtout en ce qui concerne le corps des femmes.
en temps que société, on est pas encore habitué à avoir des espaces où des femmes sont libres dans leurs corps sans que ce soit nécessairement dans un contexte sexualisé
.
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