Des centres d’hébergement d’urgence pour femmes débordent en Outaouais
Fuir un conjoint violent s’apparente au parcours du combattant pour certaines femmes en Outaouais, qui se heurtent au manque de place en centres d’aide. La région compte huit maisons d'hébergement pour femmes dont certaines affichent un taux d’occupation qui explose. Des intervenantes du milieu tirent la sonnette d’alarme. La directrice générale de la Maison Unies-Vers-Femmes, Mylaine Paquette, s’inquiète des conséquences du manque de place en centre d’hébergement. Le moment le plus dangereux pour une femme victime de violence conjugale ou pour ses enfants, c’est au moment de la décision de quitter la relation. Bien qu’elle observe Mylaine Paquette, directrice générale de la Maison Unies-Vers-Femmes Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Michel Situé à Gatineau, l’organisme compte 10 chambres, et peut accueillir une quinzaine de personnes, incluant des enfants. Mme Paquette affirme que le taux d’occupation tourne autour de 123 %, avec des séjours de 3 mois en moyenne, pour les femmes et les enfants. Chaque année c'est le même constat, ça fait 5 ans, je suis ici, ça fait 5 ans, c'est le même constat ou à peu près La situation est semblable à la Maison l’Autre-Soi, qui se trouve aussi à Gatineau, où près de 400 refus ont été enregistrés en raison d'un manque de place, entre le 1er avril 2024 et le 31 mars 2025. Mme Brazeau est également présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale. Selon elle, environ 3000 demandes d’hébergement sont refusées chaque année à des femmes qui souhaitent quitter un conjoint violent en Outaouais, faute de places disponibles. «Il y a des journées où il n'y a aucune place de disponible au Québec», affirme Annick Brazeau, la directrice de la maison d’hébergement Pour Elles Des Deux Vallées, dans le secteur Buckingham.
Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Michel On est la région au Québec la plus problématique [au niveau de la capacité d’hébergement] Même son de cloche dans la MRC des Collines-de-l'Outaouais. Le taux d'occupation dépasse les 100% dans au moins trois des huit maisons d'hébergement d'urgence. Photo : Shutterstock / Yupa Watchanakit Au cours des trois dernières années, le nombre de place à augmenter en Outaouais, d'après Annick Brazeau, notamment avec l'ouverture de la maison d'Ingrid, en 2023. De son côté, la maison Libère-Elles a amorcée des démarches pour augmenter sa capacité d'accueil, selon Danielle Lacasse. Cependant, les responsables des centres sont unanimes : l'Outaouais a besoin de plus de maisons d'hébergement. Mme Lacasse déplore aussi que la mise en place de nouvelles maison d'hébergement pour les femmes au Québec soit longue, avec une bureaucratie importante. Au moment d'écrire ces lignes, le gouvernement du Québec n'avait pas encore répondu à nos questions concernant le manque de place des les centre d'hébergement d'urgence en Outaouais. Avec les information d'Anne-Louise MichelMa crainte, c'est que les femmes [...] décident de ne pas appeler en se disant que leur situation est peut-être moins pire que d'autres femmes
, explique-t-elle. beaucoup d’empathie de la part du côté politique
, Mme Paquette regrette de ne pas voir de changements.
Je pense qu'il y a beaucoup d'argent qui a été débloqué en violence conjugale dans les dernières années
, déclare-t-elle. C'est un peu comme si on avait le sentiment qu'on a fait ce qu'on avait à faire
. Une situation qu’elle juge déplorable, compte tenu des manquements qu’elle observe encore sur le terrain. Ce sont 90 % des demandes d'hébergement qui sont rejetées chaque année
, selon Mylaine Paquette.Notre taux d’occupation était de 121 %
, déclare sa directrice générale de l’organisme, France Dubois. On a dû refuser nos services d’hébergement à 100 femmes et 91 enfants cette année,
déplore pour sa part la directrice de la maison d’hébergement Pour Elles Des Deux Vallées, dans le secteur Buckingham, Annick Brazeau. Selon elle, les demandes d'hébergement proviennent le plus souvent du secteur d'Hull et de Gatineau. 
Il y eut 350 refus au cours de 2004-2025
, explique la présidente du conseil d'administration de la Maison d'hébergement Libère-Elles, Danielle Lacasse.
Des besoins pour
une ou deux maisons
de plus Nous en sommes à l'étape de conceptualisation
, précise-t-elle.Ça prendrait au moins 1 ou 2 maisons d'hébergement supplémentaires en Outaouais
, pense Annick Brazeau.
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