Le chef de Lac-Simon veut que Québec retarde la réforme du régime forestier
Le chef de la communauté de Lac-Simon, Lucien Wabanonik, demande à Québec de retarder le dépôt du projet de loi visant à réformer le régime forestier. Dans une lettre ouverte publiée samedi dans La Presse et cosignée par Jérôme Bacon St-Onge, vice-chef du Conseil des Innus de Pessamit, le chef Wabanonik estime que le gouvernement va à l’encontre de son obligation constitutionnelle de consulter les Premières Nations. Il veut aussi discuter de ce dossier avec le premier ministre François Legault. Cette sortie survient quelques jours après une rencontre qu’il qualifie d’infructueuse avec la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Maïté Blanchette-Vézina. La réforme du régime forestier du gouvernement Legault ne passe pas auprès des communautés autochtones. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Les chefs autochtones et l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador sonnent une fois de plus l’alarme sur le contenu de la future loi. Ils avancent que le gouvernement veut notamment confier la pleine gestion des forêts les plus fertiles du Québec aux entreprises forestières, soit 25 % du territoire public. Lucien Wabanonik soutient que les Premières Nations utiliseront tous les moyens à leur disposition pour faire respecter leur droit à la consultation.Cette rencontre a été un coup d’épée dans l’eau, affirme Lucien Wabanonik. On nous a dit qu’on serait consulté après le dépôt du projet de loi. On lui a dit clairement que déjà elle brimait nos droits. On n’a pas eu l’écoute qu’on attendait. Je ne pense pas que la ministre a les coudées franches pour discuter avec nous. On pense que c’est le premier ministre qui tire les ficelles et c’est pour ça qu’on demande à le rencontrer.

On veut expliquer au gouvernement les conséquences néfastes de cette réforme-là, ajoute le chef du Lac-Simon. On parle d’une intensification exclusive des coupes dans plusieurs zones qui auront des impacts par juste pour les Premières Nations, mais bien tous les utilisateurs du territoire.
C’est décourageant de ne pas être respecté, lance-t-il. S’il n’y a pas de réponse à nos demandes, il y aura des conséquences claires. On a des solutions et des propositions à formuler, mais si on ne reçoit pas d’écoute, on va passer par d’autres moyens de pression, qui ne seront pas à la satisfaction de Québec. Aucune option n’est exclue, y compris la voie judiciaire. Tout est sur la table et on espère que la population va nous appuyer.
Advertising by Adpathway









