Trois ans plus tard, des Ukrainiens ont rebâti leur quotidien sur la Côte-Nord
Depuis 2022, des dizaines d’Ukrainiens ont choisi Baie-Comeau, Rivière-au-Tonnerre et Tête-à-la-Baleine pour poser leurs valises. Trois ans après le début de la guerre, ils ont rebâti leur quotidien, contribuent à leur communauté, mais composent toujours avec l’incertitude. À Tête-à-la-Baleine, une communauté de cent habitants, des Ukrainiens et leurs enfants ont contribué à sauver l’école primaire du village, qui était sur le point de fermer faute d’élèves. Ivonne Fuentes et Mickael Lambert, qui se sont établis dans le petit village nord-côtier il y a cinq ans, ont recueilli des fonds et ont aidé les migrants à s’intégrer. Le processus a été parsemé de réussites et de défis, raconte Mickael Lambert. Deux ans et demi plus tard, Antonina Lizunova, ses enfants Snizhana, Tetiana et Vitalii, et sa cousine Olga Kulik sont encore là. Les deux femmes ont un emploi et les enfants fréquentent l’école du village. Selon Ivonne Fuentes, la famille parle désormais un très bon français. Je suis vraiment fière de toutes ces familles. Ivonne Fuentes est fière des efforts d'intégration et de francisation des Ukrainiens de Tête-à-la-Baleine. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Catherine Paquette La guerre est toujours en cours et le programme d’Autorisation de voyage d’urgence Canada-Ukraine (AVUCU) n’accepte plus de candidatures, déplore le conseiller en intégration du Comité d’aide et d’accueil de Baie-Comeau, Vladislav Markov. Malgré tout, de nombreuses ressources existent pour épauler les Ukrainiens qui choisissent la Côte-Nord comme terre d’accueil, selon lui. Vladislav Markov, lui-même Ukrainien, a contribué à l’intégration d’une vingtaine de famille dans la Manicouagan. Selon lui, la Côte-Nord offre des occasions enviables en matière d’emplois pour les nouveaux venus. Vladislav Markov, originaire de l'Ukraine, a choisi de s'établir sur la Côte-Nord après des études en France. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix Ces derniers, en plus d’aider à freiner le déclin démographique, contribuent activement à la vitalité de la communauté, affirme-t-il. Les gens qui vont si loin, c'est les gens généralement qui veulent vraiment s'intégrer dans la culture, s'intégrer dans la communauté. Alors qu’elle fuyait la guerre avec sa famille, Olena Akymova est passée par la Pologne et la France avant de s’installer à Rivière-au-Tonnerre, il y a deux ans. Olena Akymova a trouvé du travail à l'agence Voyages Coste et avec le temps, la famille a reconstruit son quotidien. Depuis leur arrivée, ils ont adopté un chien, Stanley, et ont secouru Misha, un chat trouvé dans le village. Olena Akymova et sa famille vivent avec leur chat, Misha, et leur chien, Stanley, à Rivière-au-Tonnerre. Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin Chaque anniversaire du début de la guerre est un rappel douloureux, témoigne l’Ukrainienne. Les nouvelles quotidiennes et les communications avec les amis restés au pays gardent les souvenirs à la surface. Dans leur village d’accueil, le voisinage est une source de soutien quotidien, indique Olena Akymova. Toutefois, la vie de la famille demeure parsemée d’incertitudes. Le permis de travail d’Olena Akymova tombera à échéance en 2027. Celui de son mari prendra fin en 2026. Comme elle doit encore améliorer sa maîtrise du français, elle n’est pas certaine de parvenir à obtenir sa résidence permanente. De plus, impossible de faire venir sa mère au Canada, car elle n’arrive pas à obtenir un visa qui lui permette de rester. La mère de famille est consciente que les plans de sa famille pourraient changer rapidement. La valise est toujours prête, illustre-t-elle. Par contre, Olena Akymova est catégorique : s’ils étaient appelés à partir, Stanley et Misha les suivront. Selon le ministère canadien de l’Immigration, plus de 76 000 Ukrainiens de 25 à 60 ans ont quitté leur pays pour venir s’installer au Canada entre mars 2022 et mars 2024. Avec les informations de Charles-Étienne DrouinGlobalement, c'est positif. Ça a été beaucoup d'apprentissage pour tout le monde, pour la communauté, pour nous en premier
, se souvient-il. L’école est encore ouverte, puis il n’y a plus de discussions de fermeture. Donc ça nous satisfait d’entendre ça.
Les enfants, c'est vraiment facile pour eux
, souligne-t-elle.
Ceux qui contribuent
Il y a beaucoup d'organismes communautaires qui sont là pour aider.

Vivre avec l’incertitude
Quand tu comprends que ce n'est pas [fini] et quand tu comprends que tu ne sais pas [quoi faire], nous avons commencé à trouver des solutions [...] pour notre famille
, raconte-t-elle.
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