Caleb Desnoyers, l’oiseau rare du Québec
« Ça fait longtemps qu’il n’y a pas eu un bon joueur de centre du Québec de même », nous confiait un recruteur l’autre jour. Mardi, l’occasion s’est présentée de rencontrer cette merveille de la nature dont il était ici question, en l’occurrence Caleb Desnoyers, un jeune centre de 17 ans des Wildcats de Moncton. Il était de passage au Centre Bell lors de la traditionnelle visite annuelle des meilleurs espoirs de la LHJMQ à Montréal. Classé au 7e rang des patineurs nord-américains par la Centrale de recrutement de la Ligue nationale (LNH), Desnoyers fait figure d’exception. D’une part, il mettra fin, en juin prochain, à une disette de deux ans sans qu’un joueur de la LHJMQ ne soit réclamé au premier tour du repêchage, une triste première dans l’histoire de cette ligue. D’autre part, à se fier aux commentaires recueillis à son endroit, il a de bonnes chances de devenir un des pivots les plus complets issus du Québec depuis Pierre-Luc Dubois en 2016, ou encore Sean Couturier en 2011, et le premier centre à sortir parmi les dix premiers en neuf ans. Ça date, on ne vous le fait pas dire. C’est tout de même un peu de pression pour un adolescent. Dès la sortie des premiers classements ou repêchages simulés, Desnoyers a bien vu son nom en haut des listes, mais il ne s’est pas mis martel en tête pour autant, à l’écouter parler. Vrai, a dû se dire Martin St-Louis en coulisses. L’entraîneur du Canadien s’était brièvement adressé aux six espoirs présents après son point de presse matinal pour leur livrer essentiellement ce message. Ceux de Desnoyers sont nombreux. Son talent, d’abord, qui lui a permis d’amasser 33 buts et 76 points en 49 matchs cette saison, à égalité au 2e rang des pointeurs de la Ligue junior Maritimes Québec. Son entourage, ensuite. Caleb est le frère d’Elliot, choix de 5e tour des Flyers de Philadelphie en 2020. Son aîné connaît le tabac et le benjamin peut s’en inspirer. C’est mon frère, mon meilleur ami, mon modèle. Il m’aide à éviter certains pièges qui peuvent s’en venir. Je suis vraiment content et chanceux de l’avoir dans ma vie. Son Caleb Desnoyers a grandi à Saint-Hyacinthe. Le Canadien était évidemment l’équipe de son enfance. Bien des observateurs lui projettent une sélection entre le 6e et le 12e rang à Los Angeles en juin prochain. Coïncidence heureuse ou malheureuse, c’est selon, le CH pourrait fort bien détenir un choix dans ces eaux, s’il le conserve évidemment. Pour ce que ça vaut, si la saison se concluait ce soir, Montréal détiendrait le 9e choix de l’encan. Alors, forcément, le jeune homme entend parler du Tricolore. Beaucoup. Par les médias, entre autres, qu’il avait préalablement identifiés comme un piège duquel se méfier. Comme quoi, on n’a pas tardé à lui donner raison. Pour ça, il n’a pas trop à s’en faire. Outre Desnoyers, le gardien Lukas Beckman et les attaquants Zachary Morin, Matéo Nobert, Bill Zonnon et Justin Carbonneau participent aussi à cette petite tournée médiatique de 48 heures. À l’instar du centre des Wildcats, Carbonneau aussi profite d’un classement favorable, lui que la Centrale de recrutement considère comme le 13e joueur en Amérique du Nord. L’ailier de l’Armada de Blainville-Boisbriand a une jolie carrure d’attaquant de puissance à 6 pi 1 po (1,85 m) et 192 lb (87 kg). Une aussi belle touche offensive avec 38 buts en 52 rencontres. En vue du repêchage, le Lévisien de 18 ans souhaite éviter la déception d’il y a deux ans quand il avait été ignoré au premier tour du repêchage de la LHJMQ. Il était sorti au tout début du second, loin de ses objectifs. Personne, dans cette salle, ne semblait manquer de confiance en ses moyens.Un vrai, un complet. En termes de compétition, de qualités physiques, d’exécution, tout ça. Il est sérieux, c’est un espoir très solide
, ajoutait-il, intarissable.Un classement, c’est un classement
, a-t-il lancé avec la dégaine du gars qui sort des bains nordiques.Il y a 32 équipes et il y a 32 listes différentes. Peu importe où je serai repêché
, a ajouté le jeune Desnoyers.Vous avez travaillé fort jusqu’ici, mais vous devrez travailler encore plus fort
, a laissé tomber le pilote du CH.Juste te faire repêcher, ce ne sera pas assez. Comment te distingues-tu des autres. C’est quoi ton avantage?
, a renchéri St-Louis.Mes agents, mes parents, mon frère, ils m’ont tous donné de petits conseils et c’est ce qui m’a permis de me sentir à l’aise pour cette grosse année
, a expliqué Desnoyers.environnement à Moncton
a aussi joué un rôle prépondérant, a-t-il assuré.L’éléphant dans la pièce
Je m’en fais plus parler que moi j’y pense. J’ai reçu leur questionnaire, mais je ne leur ai pas encore parlé. C’est sûr que je m’en fais beaucoup plus parler que des 31 autres équipes
, a-t-il noté.On s’y attend. C’est mon équipe d’enfance, mais au bout du compte le rêve c’est d’être repêché et de jouer dans la LNH. Comme Martin [St-Louis, NDLR] disait, il y a tellement de boulot après ça. Le but, c’est juste d’appartenir à une équipe
, a fait valoir Desnoyers.La source de motivation de Justin Carbonneau
C’était vraiment plate, j’étais déçu. Tu te mets des objectifs et quand tu ne les réussis pas, tu es déçu. Mais honnêtement, ça m’a aidé
, a-t-il expliqué.Ça m’a donné envie de prouver à tout le monde que c’était une erreur. C’est la même chose pour le repêchage de la LNH. J’ai des objectifs, j’ai vraiment hâte
, a fait valoir Carbonneau.
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