Neuf caribous de la Gaspésie dotés de colliers télémétriques
Six colliers télémétriques ont pu être installés au cours d’une opération de capture d’une dizaine de jours effectuée par l’équipe du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Ces six colliers s’ajoutent à trois autres déjà installés lors de captures précédentes.
Ces colliers permettent de suivre le déplacement des bêtes dans les Chic-Chocs au cours des quatre à six prochaines années.
Le ministère complétait, vendredi, son opération de capture des caribous montagnards des Chic-Chocs.
Mathieu Morin, biologiste au ministère de l’Environnement, explique que l’objectif de cet hiver était de déployer un maximum de colliers, autant chez les mâles que chez les femelles.
Selon les observations de cet hiver, qui concordent avec celles de l’automne, soit 11 caribous encore en liberté. Grosso modo, c'est ce qu'on observe encore à cette période de l'année
, commente le biologiste.
Une partie du troupeau, soit 19 bêtes, demeure pour le moment en enclos. Avec les neuf bêtes dotées de colliers, c’est donc presque l’entièreté du troupeau de caribous de la Gaspésie qui est sous étroite surveillance.
Lors de l’opération de capture, l’équipe du ministère était accompagnée d’un vétérinaire pour surveiller l’état des bêtes. Les bêtes, rapporte M. Morin, semblaient en bonne santé.
L’opération du ministère s’est déroulée dans des conditions météorologiques marquées par d’importantes quantités de neige. Malgré des conditions de terrain difficiles, M. Morin explique que les caribous étaient rassemblés dans un même secteur et ont pu être localisés rapidement.
Les quantités de neige étaient significatives. Donc, on ne se le cachera pas, ça restreint beaucoup les déplacements des animaux. On a adapté nos opérations en conséquence pour éviter de les mettre trop à l'épreuve
, fait valoir M. Morin.
Des données pour planifier
Les données recueillies par les colliers seront utilisées, entre autres, pour mieux repérer les habitats fréquentés par les caribous, selon les saisons. En transposant les localisations avec par exemple les données écoforestières et autres données cartographiques, ça nous renseigne beaucoup sur ce qu'il préfère fréquenter comme type d'habitats
, explique Mathieu Morin.

Un caribou sur le mont Jacques-Cartier, dans le parc national de la Gaspésie. (Photo d'archives)
Photo : Louis Fradette
Le portrait qui s’en dégagera viendra orienter les plans d’aménagement forestiers, les projets de restauration ou de développement dans l’ensemble du secteur fréquenté par la harde. Ce sont des données particulièrement importantes.
Les colliers pourront transmettre des données pendant quatre à six ans.
L’objectif est toujours de les libérer, assure le biologiste du ministère. Une réflexion est en cours là-dessus, sur quelle façon, à quel moment et quels individus vont être relâchés
, indique Mathieu Morin.
À court terme, toutefois, les biologistes du ministère s’occuperont des mises bas du printemps. Ça va nous occuper passablement
, commente Mathieu Morin.
Québec a déposé le printemps dernier un projet-pilote pour protéger l’habitat essentiel du caribou de la Gaspésie, fortement perturbé par l’activité humaine.
La période de consultation sur les intentions du ministère s’est terminée le 31 octobre dernier. En novembre dernier, le ministère indiquait qu’il entendait publier un rapport de consultation, sans donner d’échéance. Ce rapport n’est toujours pas disponible.
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