Le conseil d’administration du CIUSSS ne tient que des rencontres à huis clos
Depuis la mise en place de Santé Québec le 1er décembre dernier, le conseil d’administration du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean n’a tenu aucune assemblée publique. La présidente-directrice générale, Julie Labbé, ne relève plus du CA, mais bien de Santé Québec. Le conseil d’administration du CIUSSS régional, qui chapeaute les activités du plus important employeur de la région, a tenu sa dernière rencontre accessible à la population en septembre 2024. Depuis la pandémie, les séances en présentiel avaient été remplacées exclusivement par des webdiffusions, sans revenir par la suite à la formule traditionnelle, ce qui avait été dénoncé notamment par des syndicats. Depuis l’annonce de la création de Santé Québec, les administrateurs du CIUSSS, qui ont conservé leurs postes, ont tenu uniquement des rencontres de travail à huis clos, selon la direction des communications de l'organisation. Cette formule prévaudra jusqu’à ce qu'un conseil d’administration d’établissement (CAE) soit formé, lequel remplacera l’actuel conseil d’administration. La direction des communications du CIUSSS a également indiqué que la nouvelle structure sera officiellement formée en juin prochain. C’est donc dire que neuf mois se seront écoulés entre la dernière assemblée du CA et la première réunion du futur CAE. On ignore combien de personnes composeront le CAE, mais le monde municipal devrait être représenté par la présence d’élus comme membres. Il n’est pas non plus possible de dire actuellement dans quelle installation du CIUSSS le nouveau conseil aura ses assises. Le directeur des communications chez Santé Québec, Yann Langlais-Plante, assure qu’une fois les nouvelles structures formées, les assemblées seront accessibles au public et aux médias. Il n’a cependant pu dire si les gens devront visionner les réunions en ligne ou s’ils auront physiquement accès aux lieux. Lundi, le numéro deux de Santé Québec, Frédéric Abergel, a d'ailleurs été congédié. Il occupait le poste de vice-président exécutif aux opérations et à la transformation. Avant son départ à la retraite en mars 2018, Martine Couture a dirigé le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, autrefois l’Agence de la santé et des services sociaux, pendant 13 ans. Invitée à commenter la situation actuelle de la gouvernance, elle pose un regard critique sur l’opacité de la structure. Martine Couture a dirigé le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, autrefois l’Agence de la santé et des services sociaux, pendant 13 ans. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Rémi Tremblay Martine Couture insiste sur l’importance de cette reddition de comptes pour les organisations publiques. Cette dernière indique que son avis n'a pas changé entre l'époque où elle était gestionnaire dans le système public et aujourd'hui. Mme Couture estime aussi qu'il est évident que l'accessibilité aux services publics Il est tout aussi important d’avoir accès aux informations sur les processus décisionnels de cette organisation publique pour laquelle le public paie de ses deniers. Pour la présidente régionale de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Julie Boivin, le manque de transparence est un enjeu qui mérite que l’on s’y attarde. Julie Boivin, présidente du Syndicat des professionnelles en soins du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui est affilié à la FIQ (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Myriam Gauthier Par ailleurs, Santé Québec, qui chapeaute désormais les 350 000 employés du réseau en province, évalue la possibilité de regrouper certains services pour réaliser des économies d’échelle. Par exemple, les décisions au niveau des communications et les affaires juridiques pourraient émaner d’une seule instance. Jointe par téléphone, l’actuelle présidente du conseil d’administration du CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean, France Guay, a indiqué qu’elle se rendrait prochainement à Québec pour une rencontre avec Santé Québec dans le but de discuter du fonctionnement de la future structure décisionnelle.Pour l'heure, les administrateurs du conseil d’administration précédent demeurent en poste, et le seront jusqu'à ce que le processus de nomination des membres des CAE soit finalisé. Un processus sera mis en place par Santé Québec au cours des prochaines semaines
, a confirmé le porte-parole du CIUSSS Pierre-Alexandre Maltais.Des rencontres publiques, assure Santé Québec
Il n’y a rien qui est fait en cachette. Certaines rencontres ont été faites plus en huis clos pour préparer cette transition-là. Dès que les conseils d’administration d’établissements vont être prêts à réaliser leur mission, leurs rencontres vont être publiques. La population va pouvoir y assister
, a-t-il déclaré.Une autre époque
La responsabilité, dans le sens d’imputabilité, est le premier devoir de la personne en autorité. Il s’agit de la porter au quotidien à l’intérieur et à l’extérieur de l’organisation. Cette responsabilité est vécue et perçue par les actions qui sont posées, dont les exercices de reddition de compte
, écrit l’ex-PDG, dans une réponse par courriel.
Il est de notre devoir de rendre des comptes à la population. La façon de rendre des comptes est prévue dans la Loi sur les services de santé et de services sociaux, à l’intérieur de règles et de mécanismes dont les séances publiques du conseil d’administration.
C’est un moment privilégié pour exposer les travaux en cours, les décisions prises, les conséquences de ces décisions, recevoir les questions du personnel, des syndicats, de la population, des membres des médias qui analysent et relaient à la population
, soulève Martine Couture.est d’une importance capitale pour une organisation de services
.Le syndicat se questionne
Les décisions se prennent au niveau du ministère, au niveau de l’agence Santé Québec. Les pouvoirs qui pourront être dévolus aux CAE vont changer. Ils seront la courroie d’information de la population, mais pour l’instant, c’est vrai qu’on est dans une zone d’inconnu
, pointe-t-elle.
Regroupement des services
Ce qui a été annoncé, ce sont notamment des groupes de travail pour voir quels types de tâches, quels types de mandats pourraient être mutualisés dans l’ensemble du réseau pour faire des économies d’échelle et pour essayer de "pooler" certains services
, note le porte-parole Yann Langlais-Plante.C’est le cas notamment au niveau des communications, par exemple, des campagnes pour l’hygiène des mains, qui se font localement, pourraient être faites par un groupe de professionnels et du personnel à un même endroit pour l’ensemble du réseau
, poursuit-il.
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