Audrey Leduc s’acclimate à sa nouvelle réalité
La progression fulgurante d’Audrey Leduc s’est amorcée il y a tout près d’un an, une éclosion pour la nouvelle tête d’affiche du sprint au Canada. À l’approche des mondiaux en salle, l’athlète en pleine ascension veut bâtir sur ses récents succès. Audrey Leduc a placé la barre haut au cours des derniers mois. Elle ambitionne désormais de maintenir ce standard élevé, et – pourquoi pas? – menacer du même coup les records nationaux qu'elle a fait tomber. La carrière d’Audrey Leduc a pris un tournant aux portes du printemps 2024, à l’issue de son baptême des Championnats du monde en salle, à Glasgow, en Écosse, d’où elle est revenue avec la confirmation qu’elle pouvait compétitionner avec les meilleures de sa profession. Tout s’est ensuite accéléré à la vitesse grand V pour le produit du Rouge et Or de l'Université Laval, tant sur la piste que dans sa vie quotidienne. Peu après son retour d’Écosse, elle s’est révélée au grand jour en fracassant le record québécois du 100 m, puis la marque canadienne, avant de pulvériser le record national du 200 m. Sa saison de rêve a culminé avec une participation au rendez-vous olympique, à Paris, où elle s’est alignée aux départs de trois épreuves. Son passage dans la Ville Lumière s’est soldée avec l’amélioration de son record canadien au 100 m et l’écriture d’une nouvelle marque nationale au relais 4 x 100 m. C’était juste une année exceptionnelle; j’ai fait trois records canadiens individuellement. Je ne m’attendais jamais à accomplir ça dans ma carrière, donc d’être capable de le faire en un été, et de le faire l’année des Jeux, c’est juste exceptionnel. Ces exploits l’ont propulsée à l’avant-scène de l’athlétisme canadien. Audrey Leduc est aussitôt devenue le visage féminin du sprint d’un océan à l’autre, des réflecteurs auxquels elle a dû s’habituer en cours de route. Avec les performances que j’avais eues à l’intérieur, on pouvait voir qu’il allait y avoir une bonne amélioration à l’extérieur. De là à faire dans les 10 secondes, personnellement, je ne l’ai pas nécessairement vu venir. [...] Je savais qu’il allait y avoir une éclosion, mais pas à ce point. Ses résultats en hausse considérable ont d'abord fait tourner les têtes, puis ont attiré l'attention de nombreux commanditaires voulant s'associer à l'athlète. Cette montée en puissance l’a conduite à établir une entente tôt cette année avec le prestigieux équipementier Adidas. S'en sont suivies ses premières foulées au sein d’un plateau dit professionnel au début de février. Audrey Leduc a commencé son partenariat avec Adidas en compétition lors d'une étape du circuit mondial en salle, à Boston; une entame en demi-teinte au 60 m en raison d'un souci d'ordre vestimentaire qui a rapidement été corrigé. La principale intéressée a renoué avec l'action plus tard au cours de la même semaine, toujours à l'occasion du circuit mondial en salle, qui s'était déplacé à New York. Elle a du même coup retrouvé de bonnes sensations, arrêtant le chrono à 7 s 20/100, soit le meilleur de sa carrière au 60 m. Audrey Leduc Photo : The Canadian Press / Christinne Muschi Son objectif, lorsqu'elle se présentera sur la piste chinoise des Championnats du monde en salle de Nanjing, en Chine, est C’est d’aller chercher le plus d’expérience possible avec les meilleures au monde, cette compétitivité, et d’être capable de performer sur cette scène. C’est une pratique de plus pour les prochains mondiaux, pour les prochaines grosses compétitions dans les années à venir. Il s'agit d'une première étape importante dans ce nouveau cycle olympique qui la mènera aux Jeux de Los Angeles en étant mieux outillée, afin de s'acclimater à l'ampleur du moment, espère Audrey Leduc. Audrey Leduc et Daryll Neita Photo : Getty Images / Cameron SpencerJe pense que ce sera la constance dans les performances. Si je suis capable [au 100 m] de faire beaucoup de temps dans les 10 secondes, c’est quelque chose qui serait très bien, parce qu’au niveau international, il y a quelques personnes qui vont courir dans les 10 secondes, mais d’avoir cette constance, il n’y en a pas tant que ça
, souligne la Gatinoise de 26 ans.C’est un apprentissage, c’était nouveau, c’était une découverte autant pour les gens que pour moi. J’ai toujours été dans le monde de l’athlétisme, mais être un peu la tête d’affiche au niveau national et représenter le Canada, en sprint, c’est quelque chose. Même encore aujourd’hui, je ne le réalise pas totalement. Dans ma personnalité, je fais mes affaires, puis c’est ça. [...] C’est différent d’avant; un peu plus épiée, un peu plus regardée
, explique-t-elle.Vers les mondiaux en salle
Je ne m’en vais pas compétitionner avec ma camisole de Gatineau sur la scène internationale, par exemple, dans un [événement de la] Diamond League. Je vais être représentée par Adidas. Ça veut juste dire : "Elle est assez bonne pour être commanditée". On dirait qu’on gagne un peu de respect, et ça peut facilement peut-être ouvrir un peu plus de portes par la suite. [...] C’est certain que ça ne peut pas nuire.
Ma première compétition de l’année n’a pas été la meilleure, parce que c’était la première fois que je portais un uniforme une pièce. Ça m’a beaucoup distrait pendant la course; je n’étais pas habituée à ce que ça puisse remonter, dit-elle en rigolant. Soixante mètres, ce n’est pas long, donc tu n’as pas nécessairement le temps de te recentrer.

J’ai porté le bon uniforme pour moi [...], pour mes besoins personnels, pour mon confort. C’était une bonne ouverture de saison : j’ai fait un record personnel. [...] C’était ma dernière compétition avec beaucoup de calibre. La prochaine, c’est aux mondiaux. Je pense que c’est vraiment de bon augure d’avoir bien performé de la sorte à mon début de saison.
d’améliorer [sa] performance de l’an passé
lorsqu'elle avait franchi les qualifications, mais qu'elle s'était arrêtée en demi-finales, ainsi qu'en 16e place au cumulatif.Je suis moins fébrile que l’année passée, parce que c’étaient mes premiers [mondiaux], donc je m’en vais là-bas avec beaucoup plus d’expérience, en plus que je suis allée aux Jeux cet été. Je suis fébrile, mais je suis confiante envers moi-même. J’ai hâte d’embarquer sur la piste, puis de montrer ce que je suis capable de faire. C’est excitant.
Le but est de faire les Jeux en 2028. C’étaient de beaux Jeux que j’ai eus, mais c’était tout nouveau; j’avais l’air d’une petite débutante. C’était ma première compétition séniore à l’extérieur sur la scène internationale à représenter l’équipe canadienne individuellement. Je veux arriver là-bas plus forte, plus prête, et vraiment être capable de tout laisser sur la piste.

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