Brendan Gallagher, plus que jamais un leader émotif
Au mois de mars 2024, le départ soudain de Martin St-Louis, rentré chez lui pour être au chevet de son fils Mason, avait créé de l’émoi dans l’entourage du Canadien. L’entraîneur-chef avait tenté de composer avec la situation pendant quelques jours jusqu’à ce que, fraîchement arrivé avec l’équipe à Calgary, la tournure des événements exige qu’il rebrousse chemin et qu’il aille rejoindre sa famille. Un an plus tard, c’est la peine de Brendan Gallagher, qui a appris le décès de sa mère Della alors que l’équipe était à Calgary (encore), qui a mobilisé l’émotion de l’équipe. Après que le Canadien se soit déplacé de Calgary à Vancouver, après la date limite des échanges, les joueurs ont nolisé un autobus pour rendre visite à la famille Gallagher à Tsawwassen, un geste qui a touché le principal intéressé. Dans un contexte qu’il aurait préféré ne pas vivre, l’épreuve que traverse Gallagher ajoute une autre dimension à l’émotion qu’il apporte déjà au Canadien. Il est déjà l’un de ceux qui inspirent le plus le groupe par sa façon de jouer et par sa perpétuelle combativité. Le Canadien est au cœur d’une lutte pour une place en séries avec des équipes de puissance équivalente, hormis peut-être les Rangers de New York dont le talent de pointe est supérieur au sien, mais qui n’arrivent pas à faire lever la pâte pour une raison quelconque. Dans une lutte comme celle-ci, les équipes les plus inspirées et celles qui affichent le plus de détermination risquent d’être celles qui se faufileront en fin de parcours. Ce n’est donc pas un hasard si, à un moment crucial du calendrier, des vétérans comme Gallagher et Josh Anderson battent la mesure et contribuent à soulever le Canadien. Evans aurait pu tout aussi bien employer les mêmes termes pour décrire Anderson, qui retourne au combat soir après soir en dépit d’une blessure qui le tenaille depuis au moins deux mois. L’an dernier, il était difficile de voir quelle place allaient occuper Gallagher et Anderson dans la progression du Canadien tellement leur style n’avait pas l’air de coller avec ce qu’avait prôné St-Louis jusque-là. Josh Anderson et Brendan Gallagher face au gardien des Sénateurs Linus Ullmark. Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis Plus tôt cette semaine, nous avons demandé à Evans si, au lieu de voir les deux vétérans changer dramatiquement leur façon de jouer, ce n’était pas plutôt St-Louis qui avait changé son fusil d’épaule et qui avait rapproché le style de jeu du CH de celui que pratiquent Gallagher et Anderson. Evans a convenu qu’il y avait eu des changements des deux côtés, autant chez l’entraîneur que chez ses joueurs. Leur style au sein du trio qu’ils forment avec Christian Dvorak s’avère payant, car ils passent beaucoup de temps en zone adverse tout en limitant les risques d’alimenter la contre-attaque adverse. Pas de flafla, du jeu direct, et un style qu’endossent même les meilleurs joueurs au monde quand ça compte le plus, comme on l’a vu à la Confrontation des 4 nations. Jeudi soir, Gallagher a égalé la marque 3-3 lors d’une échappée permise par l’intervention subtile mais cruciale d’Anderson. Avec désormais 17 buts à sa fiche, Gallagher a la chance d’atteindre le cap des 20 buts pour la première fois en cinq ans. En 2019-20, durant la première saison écourtée par la pandémie, l’ailier de 32 ans avait récolté 22 buts en 59 rencontres, un sommet chez le Canadien cette année-là. Puis les blessures se sont mises de la partie, son temps de jeu a régressé, et Gallagher n’a jamais pu atteindre le plateau des 20 buts. Or, cette année, il a encore 14 matchs pour marquer les trois qu’il lui manque. En attendant, d’autres indicateurs continuent d’illustrer son efficacité. C’est Gallagher qui, en moyenne, est sur la glace pour le plus de chances dangereuses de marquer du Canadien. Et parmi tous les joueurs qui ont joué au moins 500 minutes à 5 contre 5 cette saison, Gallagher est 12e dans la LNH pour les buts attendus dont il est individuellement responsable par 60 minutes de jeu. C’est donc dire qu’il peut encore être un rouage important de la production que peut espérer le Canadien en dehors du trio de Nick Suzuki. Tout cela, sans jamais avoir cessé d’être un véritable irritant à affronter. Je l’ai détesté pendant huit ans avant d’arriver ici. Je l’ai toujours haï sur la glace, parce que je ne l’avais jamais rencontré à l’extérieur. Mais je le trouve formidable. Il est ce genre de joueur qui forme le cœur et l’âme d’une équipe. Quand on dit de cette saison qu’elle est déjà un succès en raison de la présence du Canadien dans des matchs significatifs tard dans le calendrier, c’est qu’elle témoigne du développement des meilleurs jeunes joueurs de l’équipe. Mais c’est aussi parce que cette édition du Canadien aura retrouvé Gallagher et Anderson dans des rôles d’impact, ce qu’on pouvait difficilement concevoir à pareille date l’an dernier. Menacés à un certain moment de devenir des laissés-pour-compte, ils contribuent grandement à l’identité dont s’est doté le Canadien.On est un groupe proche, et des moments comme celui-ci nous rapprochent encore plus
, a dit St-Louis avant le match de jeudi face aux Islanders de New York.C’est un groupe qui se respecte, qui est dévoué, qui a beaucoup d’empathie, a ajouté St-Louis. C’est un groupe qui s’aime et ça paraît dans le support et les efforts qu’ils donnent l’un pour l’autre.
Une inspiration
Il nous donne de l’énergie, il montre l’exemple, il rallie le groupe ensemble et il est très important pour nous
, nous a décrit l’attaquant recrue Emil Heineman cette semaine.Quand tu vois un gars comme ça qui a joué autant de matchs et qui, la plupart du temps, joue en dépit d’une blessure à cause de sa façon de jouer, il n’y a aucune raison que les autres ne déploient pas le même genre d’effort et ne donnent pas tout ce qu’ils ont pour l’équipe
, a indiqué Jake Evans à propos de Gallagher.C’est tout un leader à l’extérieur de la patinoire, mais encore plus sur la glace.
Un rouage de production secondaire

Le fait que Gally et Andy jouent ensemble les aide à garder le jeu simple et à se lire aisément, a noté Evans. Ils projettent plusieurs rondelles en fond de territoire, ils vont les chercher et ils sont embêtants à affronter. Jouer ensemble leur procure un gros bénéfice.
Il y a peut-être des aspects de son jeu en zone offensive où Martin l’a aidé à aller plus vers certains endroits sur la glace, mais avec Gally c’est toujours la même chose : c’est un effort maximal, c’est du hockey nord-sud et plus souvent qu’autrement tu sais où tu vas le retrouver, et c’est devant le filet et devant le gardien adverse
, a ajouté Evans.À chaque présence tu sais ce que tu vas avoir de lui. C’est le fun de voir des gars comme lui être récompensés depuis quelques matchs pour leur travail acharné soir après soir.
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