Cinq points à surveiller dans le budget du ministre des Finances Eric Girard
Le ministre québécois des Finances, Eric Girard, déposera cet après-midi à l'Assemblée nationale son septième budget dans un contexte inédit de guerre commerciale avec les Américains. Un exercice périlleux et « complexe » marqué par un haut degré d’incertitude. Voici les principaux aspects à surveiller. L’an passé, l’annonce d’un trou budgétaire de 11 milliards $, du jamais vu au Québec, avait créé la stupéfaction. Cette fois, M. Girard a préparé le terrain à un nouveau déficit record, mais on n’en connaît pas encore l’ampleur. Lundi, le ministre des Finances a aussi revu à la baisse le déficit de l’exercice de 2024-2025 en raison de la bonne tenue de l’économie québécoise, surtout à la fin de l’année passée. Une économie plus performante que prévu génère davantage de revenus fiscaux, mais là encore, le chiffre du déficit de l'exercice 2024-2025 sera dévoilé mardi durant le huis clos budgétaire. En raison des craintes reliées à la guerre tarifaire, plusieurs entreprises ont mis leurs projets d'investissement sur la glace. Le degré d’incertitude entourant les politiques commerciales est à son plus haut depuis plusieurs décennies. C’est pourquoi Québec veut stimuler l’économie. Autre problème du gouvernement, le contexte économique plombe ses revenus. Lors de sa mise à jour de novembre dernier, Québec tablait sur une croissance de 1,5 % de l’économie québécoise en 2025. Selon les prévisions de Desjardins, le produit intérieur brut du Québec va augmenter de seulement 0,9 % en 2025 et de 0,7 % en 2026. Encore pire, l’institution financière prévoit que le Québec va entrer en récession à partir du deuxième trimestre de 2025 (tout comme le Canada) à mesure que les tarifs imposés par les États-Unis feront leur effet. Mais le ministre Girard est moins pessimiste. Il ne voit pas nécessairement une récession cette année au Québec et croit surtout que la vague de tarifs du 2 avril pourrait être de courte durée. Le ministre des Finances Eric Girard a ouvert la voie à un déficit record pour la prochaine année. Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel Je pense que ce n’est pas dans l'intérêt des États-Unis d’imposer des tarifs. Oui, la menace est là, mais il y aura des discussions. Le gouvernement du Québec présentera toutefois différents scénarios de croissance économique au moment du dépôt du budget. L’un d’entre eux va prévoir une récession, mais il s’agit d’un scénario Les dépenses seront revues à la hausse dans certains secteurs de l’économie, notamment dans l’aide et les mesures de soutien aux entreprises touchées par la guerre commerciale avec les États-Unis. Déjà, une aide financière de jusqu'à 50 millions $ par entreprise a été annoncée par Québec, début mars. Le premier ministre François Legault a aussi demandé au ministre des Finances d'investir davantage dans les infrastructures afin de soutenir l'économie du Québec en ces temps troubles. Des éléments du Plan québécois des infrastructures (PQI) seront dévoilés aujourd’hui. Un camion passe devant le point d'entrée des passagers à la frontière entre les États-Unis et le Canada à Surrey, en Colombie-Britannique, le mardi 4 mars 2025. Photo : La Presse canadienne / ETHAN CAIRNS Le ministre Girard veut aussi miser davantage sur l’innovation et souhaite aider les entreprises et les PME à être plus productives. Au cours des dernières années, un écart important s’est creusé avec les États-Unis à ce chapitre. Fait rare, un fascicule spécifiquement sur l’innovation sera inclus dans le budget. Malgré le contexte Dans sa mise à jour économique de novembre dernier, Québec souhaitait conserver les dépenses des ministères à 2 % en 2025-2026, ce qui représente l’inflation. Mais en coulisses, plusieurs groupes ont peur de voir le Québec retourner à l’austérité. Lors d’une récente étude, l’Institut du Québec (IDQ) proposait de hausser la taxe de vente du Québec (TVQ) de 0,5 % afin de retrouver l’équilibre budgétaire et de diminuer la dette de la province. Mais le gouvernement n’a pas l’intention de le faire ni de hausser la taxe sur l’essence ou l’impôt sur le revenu, a confirmé lundi Eric Girard. Emna Braham, directrice générale de l'Institut du Québec Photo : Radio-Canada Il semble toutefois garder la porte ouverte à d’autres changements qui pourraient avoir un impact sur le portefeuille des Québécois, que ce soit en matière de tarifs ou de diminution de certains crédits d’impôt. Depuis un an, le ministère des Finances a entrepris une analyse des dépenses fiscales du gouvernement. Malgré une croissance économique anémique, le gouvernement du Québec prévoit toujours un retour à l’équilibre budgétaire en 2029-2030, conformément à la Loi sur l'équilibre budgétaire. Le ministre des Finances va donc présenter mardi sa nouvelle voie menant vers le déficit zéro. Lors de la mise à jour économique de novembre dernier, le gouvernement prévoyait un déficit de 9,2 milliards $ en 2025-2026 (qui sera finalement plus élevé), de 4,2 milliards $ en 2026-2027, de 3,9 milliards $ en 2027-2028, de 3,2 milliards $ en 2028-2029 et le retour à l’équilibre budgétaire en 2029-2030. En vertu de la Loi sur l’équilibre budgétaire, le Québec pourrait toutefois repousser l’atteinte du déficit zéro si la province entrait en récession. Avec la collaboration de Marc Gosselin1) Un déficit record, mais à quel point?
Le déficit sera plus important, car il faut aider l’économie
, a-t-il tout simplement expliqué.C’est notre rôle d’être présent et de faire des investissements publics quand l’investissement privé est faible
, a souligné M. Girard, il y a quelques jours.2) Une récession ou un ralentissement économique?

alternatif
, affirme le ministre.3) Des investissements dans les infrastructures et en innovation

complexe
selon ses dires, les services aux Québécois seront maintenus, tient à souligner M. Girard. On se concentre sur l’économie et on n’oublie pas de protéger les services publics.
4) Pas de hausse de la TVQ ni de l’impôt sur le revenu

Il y a des mesures qui ont été créées, par exemple il y a une trentaine d’années, qui sont moins pertinentes
, a souligné le ministre.5) Et le retour à l’équilibre budgétaire, dans tout ça?
À court terme, c’est difficile, mais on pose des gestes responsables et on va arriver à bon port
, a souligné M. Girard.
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