Les appels à la SQ dans les écoles bondissent au Bas-Saint-Laurent
Les interventions policières en milieu scolaire se sont multipliées dans plusieurs villes du Bas-Saint-Laurent, et particulièrement à Mont-Joli et à Rimouski, dans les dernières années. Des intervenants estiment toutefois que la sensibilisation accrue des jeunes y est pour beaucoup. Cette nette hausse d'interventions a été révélée grâce à des données de la Sûreté du Québec (SQ) obtenues par la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics. À Mont-Joli, le nombre d'interventions a augmenté de façon remarquable dans les dernières années : 16 interventions ont été comptabilisées en 2018-2019, contre 92 en 2023-2024, soit près de 6 fois plus. Du côté de Rimouski, c'est plutôt 4 fois plus d'interventions. La SQ en répertoriait 32 en 2018-2019, puis ce nombre a bondi à 138 en 2023-2024. Les autorités policières ont ainsi été appelées à intervenir à plus de 400 reprises à Rimouski depuis près de 6 ans. Le même phénomène s'observe du côté de Rivière-du-Loup, malgré des chiffres plus modestes : la Sûreté du Québec est intervenue 4 fois plus souvent dans les écoles, si on compare les données de 2018-2019 et de 2023-2024, passant de 17 à 63 fois. Différentes raisons peuvent motiver ces interventions, comme des menaces, de l’intimidation, des inquiétudes sur le développement d’un enfant, des voies de fait, des agressions ou contacts sexuels, des agressions armées ou encore des possessions d’armes. Le porte-parole de la Sûreté du Québec, Frédéric Deshaies, affirme que les jeunes en milieu scolaire sont aujourd’hui plus sensibilisés à l'importance de dénoncer les actes criminels s'ils en sont témoins ou victimes. Le porte-parole pour la Sûreté du Québec, Frédéric Deshaies. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes Ultimement, le dossier peut être soumis au directeur des poursuites criminelles et pénales pour étude. Depuis 1987, la SQ chapeaute le Programme d’intervention en milieu scolaire (PIMS) qui a pour objectif de lutter contre les différentes formes de criminalité. À Rimouski, notamment, un agent a été mandaté pour enquêter spécifiquement sur les cas de violences chez les jeunes et pour faire de la prévention sur le terrain. Toutefois, la charge de travail de cet agent était à la hausse depuis un certain temps, selon le porte-parole, poussant l'organisation à affecter, en novembre 2023, un deuxième policier intervenant en milieu scolaire dans le cadre du PIMS. 2023 est d'ailleurs l’année la plus marquée par les interventions dans les établissements scolaires de Rimouski, depuis 2018. Selon le professeur titulaire en psychologie à l’UQAR Frédéric Banville, une hausse de signalements et d'interventions par la SQ ne signifie pas nécessairement une augmentation d'épisodes de violence dans les écoles. Frédéric Banville est professeur titulaire en psychologie à l’UQAR. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Belanger M. Banville est aussi d’avis que le programme de la SQ porte fruit. C’est peut-être moins tabou, peut-être que c’est moins discriminé [aujourd’hui], une personne qui dénonce. Il soutient toutefois qu’il reste encore du travail à faire pour prévenir la violence dans les écoles. Notre avenir, ce sont les enfants, et il faut les protéger, plaide-t-il. De son côté, la directrice générale du Centre de services scolaire des Phares, Nancy Prévéreault, indique par courriel ne pas être surprise de constater cette hausse des dénonciations des cas de violence chez les jeunes. Elle ajoute que le personnel des établissements scolaires encourage Nombre d’interventions dans les établissements scolaires
Municipalité 2018-2019 2019-2020 2020-2021 2021-2022 2022-2023 2023-2024 Année en cours Rimouski 32 30 37 87 90 138 62 Mont-Joli 16 23 47 66 85 92 48 Rivière-du-Loup 17 11 14 39 49 63 24 Ce qu’on constate à Rimouski, c’est que oui, il y a une hausse des dénonciations, et il y a une hausse des enquêtes policières
, ajoute-t-il.
Une vigilance accrue
Les intervenants, les adultes, les professeurs sont plus vigilants par rapport à toute menace, à tout phénomène d’intimidation
parce que l’intimidation dans les écoles, c’est quelque chose qui existe depuis longtemps
, rappelle-t-il.
[Les agents] sont eux aussi plus présents dans les écoles ou autour des écoles pour différentes questions comme la violence, le taxage, etc.
les victimes et les témoins à signaler toute situation préoccupante
.Voir une voiture de police devant une école n’est pas un signe négatif — au contraire, c’est rassurant de savoir que des actions concrètes sont mises en place pour assurer le bien-être de tous
, conclut-elle.
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