Les réservations de vols entre le Canada et les États-Unis en chute libre
Les Canadiens continuent de bouder les voyages aux États-Unis en raison de la guerre commerciale du président Donald Trump, ce qui force les transporteurs aériens à ajuster leur offre. Air Canada, la plus grande compagnie aérienne au pays, dit avoir réaffecté Questionné sur l’impact financier de la guerre commerciale lors de son assemblée générale annuelle lundi, le président du conseil d’administration d’Air Canada, Vagn Ove Sørensen, a répondu que celui-ci représente Les clients vont toujours voyager. Ils iront juste ailleurs. Le président affirme qu’il y a beaucoup d’appétit, entre autres, pour les destinations transatlantiques. Le nombre de réservations en mars – pour des vols Canada-États-Unis au cours des six prochains mois – a chuté de plus de 70 % par rapport à la même période l’an dernier, selon une analyse de données de la firme britannique OAG (nouvelle fenêtre), spécialiste du secteur de l’aviation. Seulement 295 982 billets ont été achetés ce mois-ci pour des vols en avril, contre 1 218 570 l’an dernier. Il s’agit d’une baisse de presque 76 % d’une année à l’autre. Pour le mois de mai, 226 980 billets d’avion ont été réservés cette année – par rapport à 817 912 pour la même période en 2024, ce qui représente une diminution de 72,2 %. Les principaux transporteurs canadiens contestent tous les conclusions du rapport d’OAG, qui, selon eux, ne reflètent pas la réalité du marché transfrontalier. Les entreprises n’ont toutefois pas partagé leurs propres données, à l’exception d’Air Canada. Frédéric Dimanche, directeur de l'École de gestion de l'hôtellerie et du tourisme à l'Université métropolitaine de Toronto, estime que cette tendance à la baisse pourrait s’étirer à plus long terme. Je crois que cette confiance va être difficile à remettre en place. Frédéric Dimanche est directeur de l'École de gestion de l'hôtellerie et du tourisme à l'Université métropolitaine de Toronto Photo : Radio-Canada Les compagnies aériennes ont revu à la baisse leur capacité pour les prochains mois – c’est-à-dire le nombre de sièges disponibles – soit en réduisant leur nombre de trajets ou en prévoyant des avions plus petits. Prenons par exemple les vols prévus en août entre le Canada et les États-Unis. En date du 3 mars dernier, près de 2 millions de sièges (1 996 805) étaient à l’horaire, toujours selon les données d’OAG. Trois semaines plus tard, ce chiffre a baissé à 1 926 806 sièges, soit une diminution de 3,5 %. Les compagnies aériennes ont décidé de réorienter leurs avions vers d’autres destinations — en Europe, au Mexique ou dans les Caraïbes, par exemple. C’est le cas notamment de WestJet, qui dit avoir reprogrammé certains de ses vols entre le Canada et les États-Unis pour miser sur des destinations soleil et des trajets transatlantiques. L’entreprise a notamment ajouté 114 nouveaux vols vers l’Europe, dont la majorité vers Dublin et Édimbourg. Air Canada dit continuer de desservir toutes les villes américaines, comme prévu. Par contre, les trajets entre Vancouver et Washington, autrefois des vols directs, comprennent maintenant une escale à Toronto. La compagnie aérienne Porter Airlines dit augmenter sa capacité pour les trajets transfrontaliers entre le Canada et les États-Unis. Photo : Gracieuseté : Porter Airlines Porter Airlines, de son côté, affirme que le trafic aérien entre le Canada et les États-Unis demeure L’entreprise dit avoir augmenté de 42 % sa capacité sur les liaisons entre les deux pays au printemps, par rapport à la même période l’année dernière. Le transporteur à bas prix Flair Airlines reste Avec les informations de Yanick Lepageune petite partie
de ses capacités en raison du ralentissement sur le marché transfrontalier, en utilisant des avions plus petits ou en réduisant certaines fréquences.environ 10 %
de ses revenus par passager-mille pour les vols Canada-États-Unis des six prochains mois.La meilleure chose que nous puissions faire est de rester agile
, a-t-il ajouté.Une baisse
frappante
Cette forte baisse suggère que les voyageurs se retiennent de faire des réservations, probablement en raison de l'incertitude entourant le conflit commercial
, souligne l’auteur du rapport, John Grant.Les Canadiens sont littéralement fâchés avec l'administration Trump et leur réaction le montre
, affirme l’expert, qui prédit une saison estivale difficile pour les destinations américaines.
Les transporteurs s’adaptent à la demande
Comme c'est souvent le cas dans l'industrie aérienne, nous continuons d'ajuster nos horaires pour répondre à la demande de nos clients et les transporter là où ils veulent aller
, affirme sa porte-parole Julia Kaiser.Nous continuerons à surveiller notre réseau pour nous assurer que l'horaire reflète la demande commerciale
, affirme Christophe Hennebelle, vice-président aux communications de l’entreprise.
solide
, sans préciser l’état de ses réservations.Le nombre de passagers augmente plus rapidement que la capacité
, souligne Robyn van Teunenbroek, gestionnaire aux communications chez Porter.pleinement engagé
à desservir les marchés américains, bien que l’entreprise ait annulé sa liaison saisonnière Toronto-Nashville et mis fin à certains vols vers d'autres aéroports américains plus tôt que prévu.Nous n’avons pas remarqué une baisse aussi importante des réservations à destination des États-Unis que certaines données pourraient le suggérer
, affirme Eric Tanner, vice-président aux affaires commerciales de Flair, qui a bonifié le service vers des destinations comme le Mexique et la Jamaïque.
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