La jeunesse à l’assaut de Verchères
L'un a été élu député fédéral à 26 ans en 2015, l'autre souhaite le devenir à 25 ans cette année. Les parcours du bloquiste Xavier Barsalou-Duval et du candidat libéral Laurent de Casanove sont très différents, mais les deux hommes passionnés de politique veulent représenter la même circonscription. Xavier Barsalou-Duval explique que Stéphane Bergeron lui avait donné un coup de main à l'époque. Dans une attaque à peine voilée à son adversaire libéral, Xavier Barsalou-Duval renchérit : Le candidat libéral dans Pierre-Boucher–Les Patriotes–Verchères, Laurent De Casanove Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine Laurent de Casanove, officiellement candidat libéral depuis le 21 mars dernier, habite actuellement à Gatineau, mais il assure qu'il peut très bien représenter Pierre-Boucher–Les Patriotes–Verchères, une circonscription qui longe le fleuve Saint-Laurent de Boucherville à Contrecœur. Xavier Barsalou-Duval ne nie pas que la guerre tarifaire teinte la campagne électorale en faveur du Parti libéral, mais il précise l'importance du Bloc québécois. Xavier Barsalou-Duval est député du Bloc québécois depuis 2015 dans la circonscription de Pierre-Boucher–Les Patriotes–Verchères. Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine Le candidat bloquiste se lève pour aller saluer un groupe de retraitées qui se retrouve chaque mardi matin au café Centre d'art. Le concert de La circonscription est un territoire généralement fertile pour le Bloc québécois. L'ex-premier ministre du Québec Bernard Landry a représenté Verchères à l'Assemblée nationale de 1994 à 2005. La circonscription fédérale englobe aussi les villages célèbres pour la lutte des patriotes comme Saint-Denis-sur-Richelieu. Malgré cela, Xavier Barsalou-Duval a été élu en 2015 avec seulement quelque 200 voix de majorité contre la candidate libérale Lucie Gagnon. Le vote bloquiste est cependant volatile, comme ce jour-là sur le bord du fleuve à Verchères. Des amis qui appuient généralement le Bloc y discutent de politique. Le patriotisme se volatilise. C'est la première fois que je suis si indécise de voter au fédéral. Manon Pigeon précise que le Parti libéral n'est pas son premier choix, mais qu'elle s'inquiète des relations canado-américaines. Le Parti libéral a déjà remporté Verchères au début des années 1980, mais la circonscription a depuis été redécoupée. Elle inclut maintenant Boucherville. Laurent de Casanove (droite) en compagnie du chef libéral, Mark Carney. Photo : Instagram Laurent de Casanove Malgré ses 25 ans, Laurent de Casanove a fait partie de cabinets ministériels à Ottawa au cours des quelques dernières années. Il a entre autres été attaché de presse de l'ex-ministre Pablo Rodriguez, maintenant candidat à la direction du Parti libéral du Québec. Le bloquiste Xavier Barsalou-Duval siège aux Communes depuis 2015, où il représente la circonscription de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères, en Montérégie. Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine Pour Xavier Barsalou-Duval, un député au pouvoir n'a pas nécessairement plus d'impact positif qu'un autre sur la circonscription. Il invite les électeurs à se poser la question. C'est pas mal clair que le prochain gouvernement va être libéral. Est-ce que la valeur ajoutée d'un député à la Chambre des communes est plus grande d'avoir un 200e député libéral qui va regarder les rideaux ou bien d'avoir un 20e député du Bloc qui va défendre son comté, parler des enjeux d'ici? Le député mentionne qu'il a obtenu des gains depuis 2015, entre autres pour réduire la vitesse des bateaux sur la rivière Richelieu et, par surcroît, les appuis des autres partis à la Chambre des communes pour relancer un programme de protection des berges du Saint-Laurent. Xavier Barsalou-Duval souligne qu'entre 2011 et 2015, la députée néo-démocrate Sana Hassainia était à son avis Outre le Bloc et le PLC, trois partis fédéraux présentent des candidats cette année dans Pierre-Boucher–Les Patriotes–Verchères : Jean-François Filion pour le NPD, Vincent Kunda pour le Parti conservateur et Alexandre Blais pour le Parti populaire. J'ai fait campagne pendant plus d'un an avant d'être élu
, affirme le député sortant rencontré dans un café de Boucherville, en Montérégie. Il était député à l'Assemblée nationale et chaque fin de semaine, j'étais avec lui sur le terrain, donc j'avais appris à bien connaître les gens
, dit-il. Je pense que quand on veut représenter pas loin de 100 000 personnes, c'est dur en cinq semaines de prétendre pouvoir les connaître, les représenter
, ajoute-t-il. surtout quand on n'habite pas dans la circonscription
.
J'aimerais énormément déménager dans la région
, admet-il en dressant un parallèle avec l'île Maurice, son pays d'origine dans l'océan Indien qu'il a quitté en 2017 pour étudier à Ottawa. Ce qui m'a attiré dans la circonscription, explique-t-il, c'est qu'il y a autant le côté urbain avec Boucherville que le côté rural avec les agriculteurs. Mon père travaille dans l'agriculture aussi, mais sur la production de canne à sucre.
J'ai rencontré des agriculteurs depuis ma tendre enfance [...] Lorsqu'on parle des tarifs, c'est des agriculteurs d'ici qui vont être affectés, nos producteurs de blé d'Inde par exemple
, poursuit-il. Tarifs :
pas un sentiment de panique totale
C'est sûr, il y a des gens qui nous en parlent, mais je ne sens pas un sentiment de panique totale. Ce que je constate en ce moment, c'est pire aux États-Unis qu'ici parce qu'on a joué ça de façon plus intelligente. Donc, on ne sait pas nécessairement l'avenir, mais on va avoir des enjeux au Québec aussi à défendre
, dit-il. On parle tout le temps du pétrole de l'Ouest canadien, de l'automobile en Ontario, mais au Québec, on a des industries fortes comme la production laitière, l'aéronautique, l'aluminium
, enchaîne-t-il. 
Je suis votre député, un gars de Boucherville. J'espère que vous êtes satisfaites de mon travail, puis évidemment j'espère que je vais pouvoir compter sur votre appui le 28 avril...
, dit-il. oui
, avec plaisir
, péquiste, bloquiste
et autres marques d'approbation ne laissent aucun doute sur le vote de ces partisanes. L'une d'entre elles confie avoir déjà travaillé pour l'ex-ministre Marcel Léger, l'un des premiers députés du Parti québécois en 1970. Si je compare à la campagne actuelle, on est complètement ailleurs. En 2015, je rentrais tous les soirs pas loin d'être découragé de mon porte à porte. Aujourd'hui, je rentre et je me dis que ça va bien. Les appuis sont là, il y a une stabilité et une solidité. Puis, je suis content de continuer
, estime-t-il. Je pense que je vais voter Bloc en me disant que finalement le Parti libéral va rentrer
, réplique un de ses amis. Une lointaine victoire libérale

C'est dommage qu'il n'y ait pas eu de représentation libérale pendant aussi longtemps
, note le candidat libéral Laurent de Casanove, en campagne dans un centre communautaire de Boucherville. Le comté est sous-représenté au gouvernement parce qu'avec un député d'opposition, il n'y a pas grand-chose qu'on puisse faire pour représenter la communauté lorsque les décisions sont prises
, affirme-t-il. J'ai travaillé avec le ministre des Transports, donc tout ce qui touche le Saint-Laurent, nos ports, nos quais, ça m'a touché. J'ai vu l'importance de cela, je suis extrêmement préoccupé par l'impact environnemental sur les berges. J'ai vu toutes les photos qui m'ont été partagées de maisons et de berges qui subissent l'érosion avec le trafic de bateaux qui ne fait qu'augmenter
, soutient-il. 
Quand même, réplique Laurent de Casanove, lorsque je vois le bilan du Bloc québécois, le bilan du député, je me dis qu'il y a quand même plus de choses qui auraient pu avoir été faites si ça avait été un député au gouvernement.
une députée fantôme, une députée poteau
. Il assure qu'il sera aussi présent dans la circonscription s'il est réélu qu'il l'a été depuis 2015.
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