Toujours pas d’entente sur les prix payés pour la crevette nordique
Les pêcheurs et les deux transformateurs québécois ne s’entendent toujours pas sur les prix payés au débarquement pour les quatre catégories de crevette. Même si le crustacé se fait rare, les inventaires de l’an dernier seraient encore élevés en usine. L’Office des pêcheurs de crevette du Québec et l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP) ont tenu deux rencontres de négociations jusqu’à maintenant. Les transformateurs ont offert les mêmes prix que l’an dernier, soit 1,83 $ la livre pour la première catégorie, 1,63 $ pour la deuxième catégorie, et respectivement 1,53 $ et 1,47 $ pour les deux dernières catégories. Mais les pêcheurs demandent, en moyenne, 35 cents de plus la livre. Selon nos informations, les transformateurs ont fait une contre-offre, mais plus basse que la première, donc inférieure aux prix payés l’an dernier. Même si les deux camps n’en sont toujours pas encore venus à une entente, l’Office des pêcheurs de crevette du Québec rappelle que les pourparlers ne font que commencer. On est seulement au début des discussions et l’objectif qui avait été établi avant le début des négociations, c’est de commencer à pêcher et à transformer avant la fin du mois d’avril. Actuellement, trois crevettiers ont pris la mer, mais c’est pour alimenter les poissonneries en crevettes entières et non pour fournir les deux seules usines encore en activité, Marinard, à Rivière-au-Renard, et Crevette du Nord Atlantique, à Anse-au-Griffon. Certains pêcheurs ont pris la mer, mais pas pour alimenter les usines de transformation de crevettes. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Myriam Fimbry Même si la crevette fraîche du Québec se fait rare avec un quota qui est en légère augmentation cette année de 27 % pour l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent avec un total de 3800 tonnes, la loi de l’offre et de la demande n’est pas le seul facteur qui doit être considéré dans ces négociations, selon les informations obtenues auprès d’un industriel. Le directeur de l'Office des pêcheurs de crevette du Québec est sûr de pouvoir s'entendre avec les industriels sur des prix payés au débarquement au cours des prochaines semaines. Photo : Radio-Canada Les inventaires de l’an dernier seraient encore élevés dans les entrepôts des deux usines de transformation. Il reste que la rareté de crevettes fraîches devrait peser dans la balance, selon M. Element. Les inventaires élevés actuellement en usine seraient ainsi pour de la crevette d’importation, qui a été transformée une deuxième fois selon le principe de la double congélation, après avoir été achetée en Norvège par exemple. Les usines transforment de la crevette de l’étranger depuis quelques années pour combler les périodes plus creuses, mais ils ont dû se tourner essentiellement vers cette pratique en raison de la baisse des captures autorisées pour les pêcheurs québécois, afin d’éviter une fermeture et des centaines de pertes d’emplois. En raison de l'état critique des stocks, la crevette nordique pêchée dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent a perdu son accréditation internationale de pêche durable accordée en 2008 par le Marine Stewardship Council (MSC). Cette certification est notamment exigée par les grandes chaînes d'alimentation. L'Office des pêcheurs de crevette du Québec ne croit pas que la suspension de cette accréditation doit influencer à la baisse le prix payé par les industriels. Je dirais plutôt non que oui, dans le sens où c'est sûr qu'il y a des marchés qui exigent une certification comme MSC, mais ces gens-là achètent déjà de la crevette de l'extérieur, notamment de la Norvège, qui est transformée par nos usines. L’an passé, seulement huit pêcheurs ont mis leur bateau à l’eau pour capturer le quota qui était de 3000 tonnes, mais l’Office des pêcheurs de crevette du Québec espère en voir une douzaine cette année alimenter les usines en crevette fraîche. Les pêcheurs et transformateurs prévoient reprendre leurs négociations plus tard cette semaine. Au moment d’écrire ces lignes, l’Association québécoise de l’industrie de la pêche n’était pas disponible pour nous accorder une entrevue.

Comme c’est toujours le cas, à cette période-ci des négociations, on a des visions qui ne sont pas nécessairement compatibles sur l’état des marchés et ce qui s’en vient
, dit-il.Mais ce qu’on voit, c’est qu’il y a une certaine rareté de la crevette nordique, principalement la crevette single frozen, soit celle qui est livrée fraîche aux usines de transformation pour qu’elle soit transformée
, ajoute le représentant des pêcheurs.Suspension d'une accréditation
Alors que notre crevette, avec le faible volume, trouve aisément preneur, à cause de sa qualité, chez des gens qui n'exigent pas nécessairement la certification MSC
, conclut Patrice Element, en faisant notamment référence aux poissonneries québécoises.
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