Une augmentation de l’itinérance féminine qui passe sous les radars
Le dénombrement des personnes en situation d’itinérance aura lieu mardi soir partout au Québec. Mais les particularités de l'itinérance féminine ne permettront pas d'obtenir un décompte à la hauteur de la réalité, estiment les acteurs du secteur dans la région. Les femmes vivent une itinérance cachée, en enchaînant Ces situations particulières compliquent la possibilité de mesurer l’itinérance féminine. Même son de cloche du côté de La Piaule à Val-d’Or, qui propose un lieu d’accueil pour les plus démunis. Anne Dagenais, directrice adjointe du lieu, observe elle aussi une augmentation de la fréquentation des femmes. Pour la responsable, l’augmentation de ces passages est encore en deçà des besoins réels. La Piaule de Val-d'Or. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier Le visage de cette itinérance a aussi évolué, touchant maintenant des femmes de tous âges. En Abitibi-Témiscamingue, le dernier recensement réalisé en avril 2024 avait révélé une hausse de l’itinérance, tous genres confondus, de 72 % par rapport au recensement précédent, en octobre 2022. Pour l’itinérance concernant les femmes, le ministère de la Santé et des Services sociaux notait en 2022 qu’environ 15 % des personnes en situation d'itinérance visible au Québec étaient des femmes. Le recensement de 2024 a révélé une hausse de l’itinérance en Abitibi-Témiscamingue. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Pour le recensement de 2025, les chiffres devraient encore monter. La députée péquiste de Terrebonne, Catherine Gentilcore, a décidé de s’engager sur le sujet de l’itinérance féminine et réclame notamment de meilleures méthodes de recensement. Elle insiste également sur les risques de violence auxquels font face ces femmes. Ce risque de violence pousse les femmes à éviter au maximum de dormir dans la rue, se tournant davantage vers la prostitution. Elles évitent également les hébergements mixtes, accueillant aussi des hommes. En Abitibi-Témiscamingue, les ressources en hébergement d’urgence sont pleines. (Photo d'archives) Photo : iStock Mais depuis quelque temps En Abitibi-Témiscamingue, les ressources en hébergement d’urgence sont pleines. Les besoins de nouvelles infrastructures sont criants pour les acteurs du milieu. Cathy Allen comme Anna Dagenais réclament une maison d’hébergement qui répond aux besoins de ces femmes, tant pour ce qui concerne les enjeux de la sortie de la rue, que la sortie de la prostitution.L'itinérance, ça ne se résume pas aux attentes devant les refuges
, rappelle Cathy Allen, coordonnatrice de la maison Alternative pour Elles à Rouyn-Noranda, qui accueille des femmes victimes de violences conjugales.des hébergements chez leur famille, des amis, souvent même chez des inconnus. Elles vont parfois devoir malheureusement accepter des relations abusives ou parfois de l'exploitation sexuelle en échange d'un toit.
Pour nous c’est très clair, l’augmentation se voit et se vit sur le terrain
, assure Cathy Allen.
Les femmes qui arrivent dans nos services ont essayé tellement de moyens pour éviter de se rendre dans nos services, que c'est la pointe de l'iceberg que l'on voit ici
, rappelle-t-elle.Elles proviennent de tous les milieux : jeunes, âgées, immigrantes, autochtones, des mères monoparentales, avec ou sans diagnostic de santé mentale
, énumère Anne Dagenais.Des risques de violence accrus

Ce dont on est certaines, c’est qu’il y aura plus de femmes dans le dénombrement, et c’est même pas le vrai reflet parce qu’il y a encore beaucoup d’itinérance cachée
, avance Cathy Allen.De 70 à 80 % des femmes qui vont vivre dans la rue vont vivre une forme ou une autre de violence
, avance la députée.
on retrouve de plus en plus de femmes qui font appel aux refuges mixtes, par absence de choix
, explique Cathy Allen.On a des choix à faire comme société et je demande au gouvernement de prendre ces décisions-là pour aider les personnes les plus vulnérables
, réclame Catherine Gentilcore.
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