Des victimes du père Camille Léger déçues des travaux à l’aréna de Cap-Pelé
L’aréna de Cap-Pelé, où le père Camille Léger a agressé de nombreux enfants pendant des décennies, portait son nom jusqu’en 2012. Les rénovations, qui visaient à faire disparaître toute trace du prêtre, déçoivent certaines victimes qui auraient voulu plus de changements. Malgré les récentes rénovations à l'aréna de Cap-Pelé, qui ont permis l'ajout de bancs autour la glace notamment, l'atmosphère reste la même et le fantôme du père Camille Léger est encore bien présent pour les victimes, dont Victor Cormier, qui est la seule victime qui a accepté de parler publiquement. Pour l'homme aujourd'hui âgé de 63 ans, c’est toujours le même vieil aréna. Les victimes du père Camille Léger auraient aimé que les poutres au plafond disparaissent de l'aréna de Cap-Pelé pour changer l'atmosphère à l'intérieur. Photo : Radio-Canada / Rachel Gauvin Il avait 9 ans lorsque le père Camille Léger a commencé à l’agresser. Le prêtre lui avait donné la clé de l’aréna pour qu’il puisse venir s’entraîner aussi souvent qu’il le voulait. Victor Cormier se souvient précisément de l'endroit et du moment où il a décidé qu’il avait fini de subir les agressions du père Camille Léger. Victor Cormier a été le premier choix au repêchage de la LHJMQ en 1980. Il a été choisi par les Éperviers de Sorel. Sur la photo de droite, Victor Cormier évolue avec les Golden Flames de Moncton dans la ligue américaine de hockey. Photo : gracieuseté Victor Cormier Aujourd'hui, il a de la difficulté à décrire son sentiment lorsqu’il entre dans l’aréna. La ville a procédé par étapes pour essayer d'effacer le souvenir du père Camille Léger. En 2012, le conseil municipal a voté en faveur de débaptiser l'aréna qui portait son nom. Le jour-même, des pompiers accompagnés des victimes ont enlevé l’affiche. De victimes du père Camille Léger ont assisté à la scène en silence. Des conseillers municipaux étaient là aussi. Photo : Radio-Canada En 2020, le maire disait vouloir des travaux afin d’éliminer toute trace du prêtre et ainsi permettre aux victimes de ne pas avoir à se remémorer les abus en permanence. Toutefois la municipalité n’a pas consulté les victimes du père Camille Léger avant d’effectuer les rénovations de l’aréna pour connaître leurs besoins et demandes. Le plafond de l'aréna de Cap-Pelé n'a pas été rénové. Photo : Radio-Canada Malgré les critiques de certaines victimes, le maire de Cap-Acadie, Serge Léger, défend les changements effectués, qu'il estime suffisants. Il croit que la rénovation aident à la guérison collective. Le maire de Cap-Acadie, Serge Léger, nous montre les travaux à l'intérieur de l'aréna de Cap-Pelé. Photo : Radio-Canada / Rachel Gauvin Serge Léger explique aussi que pour des raisons budgétaires, il était impossible de démolir et reconstruire l’aréna. Les victimes vont oublier ça, ça va bien aller, certaines victimes m’ont dit qu’ils sont fiers de l’aréna maintenant. La professeure en criminologie de l'Université de Moncton, Marie-Andrée Pelland, croit que la transformation d’un lieu où il y a eu des agressions sexuelles dans une communauté est un changement nécessaire. Victor Cormier reste un des meilleurs joueurs de hockey que Cap-Pelé ait connu jusqu’à ce jour. Il est repêché au tout premier rang par les Éperviers de Sorel dans la LHJMQ en 1980. Après son passage dans la ligue, il poursuit sa carrière dans la Ligue Américaine de hockey avec les Golden Flames de Moncton. Il a transmis sa passion du hockey à son petit-fils, il aime le voir progresser, mais il doit souvent affronter ses démons pour assister à ses parties à Cap-Pelé. Victor Cormier souligne qu'il est loin d'être le seul à se sentir ainsi. Les autres victimes, On aurait aimé un nouvel édifice ou sinon enlever les poutres, l’élargir, le monter, c’est cela que ça aurait eu pris pour enlever ce mauvais feeling que nous avons les victimes en entrant ici
, explique-t-il. 
C’est ici à l’aréna que j’ai pu m’améliorer, ça m’aidait, mais en échange il fallait que je fasse des choses que je ne voulais pas faire
, se remémore-t-il. C'était à droite ici au coin de l’aréna. Il dit : "viens t'asseoir à côté de moi." Il est venu me prendre la jambe. Je l’ai poussé et je lui ai dit : "je ne veux plus jamais que tu me touches." J’étais quand même un homme à 14 ans, j’étais gros pis fort.

C’est quelque chose qui est difficile à expliquer, mais tu rentres à une place où tu as été abusé, ça te passe les frissons.
Le maire défend les travaux


Qu’est-ce qui s’est passé avec le nom Camille Léger? Avant, il y a des citoyens qui ne voulaient pas entrer ici. Ils peuvent entrer maintenant. Ce n’est plus le même aréna. Oui c’est le même édifice, mais ça ne se ressemble plus
, estime le maire.
Le gouvernement ne donnait pas d’argent pour un bâtiment neuf. Il y avait un programme pour l’ajout d’un centre communautaire. On a fait le mieux qu’on pouvait.
Pensons à ces nombreuses victimes de la région qui doivent aller à l’aréna. Lorsque les lieux sont différents, ils peuvent se créer de nouveaux souvenirs et ils ne sont pas rappelés constamment à leurs expériences du passé.
Un retour difficile à l'aréna
J’ai un petit-fils de 7 ans, il est vraiment bon au hockey, je vais le suivre pour longtemps, mais j’ai des mauvais sentiments à chaque fois que je dois venir le voir jouer ici.
aujourd’hui c’est tous des hommes. Oui ils viennent encore voir les games parce que c’est le seul aréna qu’on a
.
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