L’industrie de l’aluminium et les agriculteurs énoncent leurs attentes envers Mark Carney
L'industrie de l'aluminium est satisfaite de l'élection des libéraux de Mark Carney pour diriger le Canada, mais les attentes sont grandes envers le nouveau gouvernement dans le contexte de la guerre tarifaire avec les États-Unis.
Le président-directeur général de l'Association de l'aluminium du Canada, Jean Simard, croit que ce choix aura pour effet de réduire la tension au sein du système politique canadien alors que les travaux avaient été ralentis à la Chambre des communes avant la prorogation des travaux au parlement par l'ancien premier ministre Justin Trudeau.
Après avoir multiplié les représentations avec des membres de l’industrie américaine à Washington au sujet de l’implantation de tarifs douaniers de 25 % sur l’acier et l’aluminium, M. Simard, estime que le mandat est clair : il s'attend à ce que Mark Carney renégocie le plus rapidement possible l'entente de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique (ACEUM).
Il avait dit au terme de son premier appel avec le président américain qu’il procéderait rapidement à l’ouverture d’une négociation élargie qui porterait sur les minéraux critiques, sur l’énergie et sur la sécurité régionale, ce qui nous amènerait éventuellement à la révision de l’accord de libre-échange avec les États-Unis
, a exposé Jean Simard.
Rappelons que les importations d'aluminium en provenance du Canada aux États-Unis sont taxées à la hauteur de 25 %, tout comme celles de l'acier actuellement.

Jean Simard, de l’Association de l’aluminium du Canada. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Christian Patry
La gestion de l'offre est non négociable, rappelle l'UPA
Les producteurs agricoles ont aussi à l'œil les premières semaines du mandat de Mark Carney dans le contexte des tensions avec les États-Unis.
Au lendemain de l'élection, le président régional de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Jean-Thomas Maltais, a rappelé l'importance de défendre la gestion de l'offre qui s'applique aux œufs, à la volaille et aux produits laitiers.
C'est fatigant pour eux, car ils [les Américains] ne peuvent pas rentrer sur notre marché. Notre système est excellent, c'est le meilleur marché pour le consommateur et le producteur. Il y a le juste prix, les deux ont le juste prix
, a expliqué M. Maltais.
On l'a vu avec les œufs dernièrement : le prix des œufs est demeuré stable dernièrement alors qu'aux États-Unis, le prix de la douzaine a atteint 20 $ et plus alors qu'ici, c'est resté hyper stable
, a-t-il ajouté.

Les œufs de consommation, les œufs d'incubation, le lait et ses produits dérivés, le poulet et le dindon sont des produits assujettis par la gestion de l’offre. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir
Les Premières Nations nourrissent de grands espoirs
Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Francis Verreault-Paul, espère de son côté que le gouvernement libéral dirigé par le premier ministre Mark Carney continuera de bâtir une relation solide avec les autochtones, comme cela a été le cas sous le mandat de Justin Trudeau.
M. Verreault-Paul se dit prêt à travailler avec tous les partis politiques en place pour faire avancer les enjeux des Premières Nations. Il espère que la construction de logements pourra se poursuivre afin d'offrir des conditions de vie dignes à l'épanouissement des membres des Premières Nations.
Francis Verreault-Paul estime que de grands pas vers la réconciliation ont été franchis au cours des derniers mandats des libéraux, mais que la relation de nation à nation reste à définir.
Je veux pousser encore plus cette relation et moi je veux parler de réconciliation législative. Ça passe par la reconnaissance de nos droits et de nos titres. Encore plus concrètement, en tant que Premières Nations, le fait de pouvoir s’autodéterminer, d’adopter nos propres lois selon nos propres gouvernances
, a expliqué l’Innu originaire de Mashteuiatsh.
Le chef de l'APQNL a aussi déploré que bien peu de temps ait été consacré aux défis auxquels font face les Autochtones pendant la dernière campagne électorale.

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, l'Innu Francis Verreault-Paul. (photo d'archives)
Photo : The Canadian Press / Jacques Boissinot
Des analystes reviennent sur la campagne dans la région
Invités à réagir sur les résultats de la soirée électorale au Téléjournal Saguenay-Lac-Saint-Jean, les analystes Richard Hébert et Louise Malaison sont revenus sur la chaude lutte dans Chicoutimi-Le Fjord où le conservateur Richard Martel a conservé son siège.
Louise Malaison, qui a été attachée politique pour l’ancien ministre conservateur et député de Jonquière-Alma, Jean-Pierre Blackburn, croit que la notoriété de l’ancien entraîneur des Saguenéens a une fois de plus été un facteur important dans sa réélection.
Richard Martel est une personnalité très connue dans la région qui jouit d’une notoriété et qui jouit d’une visibilité dans plusieurs événements sportifs. Il a été présent pendant la campagne. De plus, il avait une association de comté en santé financière et aussi au niveau du membership. On l’a vu hier lors de la sortie de vote, semble-t-il que la machine était bien huilée et il a réussi son pari
, a-t-elle commenté.
Je pense qu’avant les Fêtes, M. Martel n’était pas vraiment en bonne position, mais on a senti qu’en janvier, ça a commencé à remonter dans son cas. Mais la présence des libéraux, personne ne l’avait vue venir, ils ont ramassé entre 27 et 30 % des votes
, a rappelé l’ancien député libéral de Lac-Saint-Jean, Richard Hébert.
L'ex-politicien croit aussi que les députés bloquistes réélus dans la région, Mario Simard et Alexis Brunelle-Duceppe, pourraient donner un coup de main
au gouvernement en place grâce à certaines affinités entre les deux partis.
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