Choisir la géothermie pour chauffer et climatiser une école secondaire
Un vaste chantier est en cours à l’École secondaire de l’Odyssée de Valcourt. Depuis l’été dernier, des ouvriers travaillent à refaire le système de chauffage et de ventilation. Le Centre de services scolaire des Sommets (CSSDS) a décidé d’investir plus de 7 M$ pour installer un système de géothermie parfaitement en phase avec la mission zéro carbone de cet établissement d'enseignement situé en plein cœur du paradis du Ski-Doo. L’école secondaire de la municipalité qui loge le siège social de Bombardier produits récréatifs (BRP) est bien calme en ce vendredi matin. Pendant que les élèves s’affairent à la tâche dans leur classe, quelques ouvriers circulent sans faire de bruit. Le dynamique directeur de l’établissement et deux personnes responsables du projet nous accompagnent pour témoigner de l’avancement des travaux. Les travaux à l'école l'Odyssée de Valcourt devraient être complétés au début de l'automne 2025, quelques mois plus tôt que prévu. Photo : Radio-Canada / Sébastien Prieur Notre premier arrêt se fait dans un petit local de quelques mètres carrés dans lequel se trouve la pierre d’assise du chantier. Il s’agit des nourrices des puits de géothermie. À elles seules, elles permettront d’offrir un rendement énergétique incomparable avec un impact carbone réduit. Quinze puits ont été creusés pour le pavillon 1 et quatre pour le pavillon 2. C'est un levier énergétique super performant. Pour un kilowatt injecté, on va en chercher trois ou quatre en rendement énergétique, en chaleur apportée au bâtiment. C’est extrêmement favorable. Difficile d’imaginer une performance écoénergétique si prometteuse quand on regarde cette installation qui semble à première vue plutôt rudimentaire. Il faut toutefois creuser plus loin pour comprendre que ces conduites sont plongées à une profondeur moyenne de plus de 152 mètres dans le sol. Les travaux d'installation des puits de géothermie l'été dernier. Photo : Photo fournie par l'Odyssée de Valcourt Ce sont des machines de ventilation installées à l'extérieur qui s’assurent de pousser l’air chauffé ou refroidi à l’intérieur de l’école. La circulation se fait grâce à de toutes nouvelles conduites fixées aux plafonds de l’établissement. L'utilisation de l'énergie totale du bâtiment sera à 95 % renouvelable. Ces conduites sont plongées à une profondeur moyenne de plus de 152 mètres dans le sol.
Photo : Radio-Canada / Sébastien Prieur Pourquoi ne pas opter pour un système 100 % électrique ou encore pour un système aérothermique comme une thermopompe, des options moins coûteuses? Avant de lancer un tel chantier, le CSSDS a mandaté une firme spécialisée en analyse énergétique pour évaluer les options possibles de mise à jour des infrastructures. La géothermie présentait les meilleurs avantages, explique Maxime Ferland. La vieille chaudière sera remplacée par un système plus performant et moins énergivore. Photo : Radio-Canada / Sébastien Prieur La géothermie n’est toutefois pas parfaite. Si les besoins de chauffage seront presque entièrement assurés par le nouveau système, il faudra avoir recours à une fournaise par grand froid. Toujours dans une volonté de réduire les gaz à effet de serre, la vieille chaudière située au sous-sol sera remplacée par une machine beaucoup moins énergivore et plus performante. Refaire le système de chauffage et ajouter la ventilation à une école construite en 1948 apporte certaines contraintes. Dans bien des cas, il faut adapter la nouvelle installation en fonction de la structure en place, ce qui complique parfois les travaux. L’autre enjeu - et il est majeur dans ce cas-ci - , c’est de mener des travaux tout en assurant les activités pédagogiques avec le moins de conséquences possible sur la réussite des élèves. Un mandat pris à bras le corps par le directeur, Ludovick St-Laurent. Durant toute l’année, il s’est astreint à une gymnastique compliquée pour trouver le meilleur équilibre possible. Les élèves et le personnel doivent s'adapter à un environnement de chantier depuis le début de l'année soclaire. Photo : Radio-Canada / Sébastien Prieur Tout cet investissement est l’occasion de faire une mise aux normes et de repenser certaines sections comme l’accueil et le secrétariat à l’entrée de l’école. Pour gagner de l’espace pendant le chantier, tous les casiers des élèves ont été retirés, ce qui a permis de créer quatre classes temporaires. L'occasion était belle de repenser l'espace publique et d'éliminer les recoins qui peuvent être propices à l'intimidation, explique le directeur de l'école. La salle à manger temporaire Photo : Radio-Canada / Sébastien Prieur Autre aspect non négligeable et qui semble particulièrement emballer Ludovick St-Laurent : l’école aura enfin une cafétéria avec une cuisine aménagée pour offrir des repas chauds aux élèves et au personnel. Encore là, la mission carboneutre pourra être honorée en privilégiant l’achat de produits alimentaires auprès d’entreprises locales. Un ajout très appréciable qui contribue aux effets positifs du nouveau système de géothermie. Est-ce qu'on arrivera à la carboneutralité un jour? J'ose l'espérer, mais pour chaque décision, on se pose la question : "quel est notre impact sur l'environnement?" On essaie toujours de faire les meilleurs choix en fonction des options qui se présentent à nous.
Utiliser la chaleur du sol

C’est une boucle. On utilise la stabilité de la température dans le sol qui est de 8 à 10 °C, raconte le directeur du service des ressources matérielles au CSSDS, Maxime Ferland. En période estivale, on utilise cette fraîcheur pour climatiser [...] et en hiver, on fait carrément l'inverse. On capte la chaleur qu'il y a dans le sol pour l’injecter dans le bâtiment pour le chauffer.
Partout dans l’école, on a dû défaire les plafonds, aménager la ventilation et refaire les plafonds et quelques éléments esthétiques, ajoute le directeur adjoint aux ressources matérielles au CSSDS, Alain Thibault. En même temps, on en a profité pour peindre les classes [...] et on a entièrement revu l’éclairage. Il est à 100 % DEL [moins énergivore].

La notion d'exemplarité de l'État [nous incite] à décarboner le plus possible les sources énergétiques. On a accès à des mesures financières spécifiques dès qu'on vient réduire nos émissions de GES ou économiser en énergie fossile ou en gaz naturel. On est subventionné pour ça.

Rénover de l’intérieur

Pour être capable de faire ça à certains moments, on ferme entièrement une portion de l'école qui devient un chantier de construction, raconte-t-il. Présentement, le pavillon 2 n’est pas du tout utilisé. On relocalise et on réorganise toutes nos activités pédagogiques
, explique-t-il.On va avoir un vestibule sécurisé
, mentionne M. St-Laurent qui, comme la secrétaire de l’école, travaille dans un espace temporaire encombré, le temps que le chantier soit terminé.Créer un espace plus sécuritaire
Visuellement parlant, c'était extrêmement difficile de couvrir tous les angles parce que tu ne pouvais pas avoir une vue sur l'ensemble des casiers et l’espace de vie des élèves.

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