Le PIB recule au Canada et aux États-Unis
Le produit intérieur brut (PIB) réel a reculé de 0,2 % au Canada en février, alors que l’économie américaine a connu une contraction de 0,3 % à un rythme annualisé au premier trimestre de 2025. Les deux lectures sont plus faibles que ce à quoi s’attendaient les économistes, bien que les effets des politiques tarifaires de l’administration Trump ne se faisaient pas encore pleinement sentir. Selon Statistique Canada, les industries minière et pétrolière sont les deux secteurs qui ont contribué le plus à la réduction du PIB canadien en février. Après avoir enregistré une hausse de 2,6 % en janvier, l’extraction de pétrole et de gaz a fondu de 2,8 % en février. L’agence statistique fédérale attribue la situation notamment L’activité minière a pour sa part chuté de 2,6 % en février, effaçant ainsi les gains des deux mois précédents. Le secteur de la fabrication de pièces automobiles a connu une forte croissance en février, alors que des entreprises américaines s'empressaient de faire des réserves avant l'entrée en vigueur des tarifs. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui Le secteur manufacturier a pour sa part affiché une croissance soutenue propulsée par la fabrication de pièces automobiles, qui a augmenté de 4,2 % en février. À ce moment, le pays devait composer avec les menaces incessantes du président américain Donald Trump d’imposer des tarifs douaniers sur les produits canadiens. Après quelques sursis, des droits de douane sont finalement entrés en vigueur le 4 mars. Statistique Canada s’attend néanmoins à une légère reprise de l’activité économique en mars pour compléter un premier trimestre avec une hausse du PIB de 0,4 %. Brett House, professeur d’économie à la Columbia Business School, à New York, juge que l’activité économique au Canada risque de se détériorer davantage au second trimestre de l’année. Michel Rochette, président pour le Québec du Conseil canadien du commerce de détail, soutient que certains consommateurs canadiens ont commencé à réduire leurs dépenses discrétionnaires dans les dernières semaines. L’industrie de l’acier fait également les frais des tarifs imposés sur ses produits depuis la mi-mars. Selon la prévision médiane d’une trentaine d’investisseurs institutionnels sondés par la Banque du Canada, l’économie canadienne a environ 40 % de chances de tomber en récession dans la prochaine année. L’économie américaine s’est pour sa part contractée à un rythme annualisé de 0,3 % au premier trimestre de l’année, surtout en raison d'un accroissement du déficit commercial. Les entreprises se seraient empressées de faire des réserves de produits étrangers avant l’imposition des tarifs, ce qui a fait gonfler les importations, soustrayant près de 5 points de pourcentage au PIB, selon les chiffres du Bureau of Economic Analysis. La croissance des dépenses des consommateurs a par ailleurs fléchi, alors que l’incertitude amenée par les politiques tarifaires a fait chuter le niveau de confiance des Américains. Les dépenses gouvernementales ont également diminué au premier trimestre, notamment en raison des coupes budgétaires réalisées par le département de l'Efficacité gouvernementale (DOGE). Le président américain, Donald Trump, a signé de nombreux décrets affectant l'économie américaine dans les 100 premiers jours de sa seconde présidence. (Photo d'archives) Photo : Getty Images / Saul Loeb Les principaux indices boursiers à New York ont ouvert la journée en forte baisse à la suite de la publication des nouveaux chiffres sur le PIB. Donald Trump, dont la seconde présidence vient de passer la marque des 100 jours, a blâmé son prédécesseur, Joe Biden, pour la réaction des investisseurs. Avec des informations de Philippe de Montignyà des conditions météorologiques défavorables dans l'océan Atlantique Nord
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Le pire est à venir, selon des observateurs
Les chiffres qui vont venir dans les prochains trimestres seront des chiffres qui reflètent les impacts concrets [des tarifs]
, indique M. House, interviewé en amont de la publication des plus récentes données sur le PIB.Le niveau de confiance des consommateurs est affecté
, souligne-t-il.[Nos membres] ont vu leur carnet de commandes diminuer de façon substantielle
, indique François Desmarais de l’Association canadienne des producteurs d'acier.C'est très pénible. À 25 % [de tarifs], on s'attend à avoir des diminutions significatives de nos exportations aux États-Unis
, ajoute-t-il.Un premier trimestre dans le rouge pour Donald Trump

C’est le marché boursier de Biden, pas celui de Trump
, a-t-il déclaré dans une publication sur son réseau Truth Social.Notre pays connaîtra un essor économique, mais nous devons nous débarrasser de l'influence de Biden. Cela prendra du temps, et ça n'a rien à voir avec les tarifs. [...] Lorsque l'essor commencera, il sera sans précédent. Soyez patients!
, a-t-il ajouté.
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