Tensions autour d’un projet de stockage d’énergie à Ottawa
Le conseil municipal de la Ville d’Ottawa se prononcera mercredi 11 juin pour ou contre un projet d'installations de stockage d’énergie renouvelable sur son territoire. Ce jeudi, le comité de l’agriculture et des affaires rurales de la Ville a de nouveau refusé de soutenir le projet, malgré les modifications réalisées par Evolugen. L'entreprise gatinoise est déjà sous contrat avec la société d'État chargée de gérer le marché de l'énergie de l'Ontario, la Société indépendante d'exploitation du réseau électrique (SIERE) pour construire deux installations. Sans le soutien du conseil au moyen d’une résolution municipale favorable (RMF), son contrat avec la SIERE pourrait être résilié. 68 délégations se sont exprimées jeudi, lors d’un comité de presque 10 heures pour s’exprimer sur le projet en question. Des représentants des intérêts commerciaux du parc technologique de Kanata-Nord rappellent que les entreprises de la région ont des Les membres de la Première Nation algonquine de Pikwakanagan, partenaire d'Evolugen sur le projet ont, eux aussi, appelé la Ville à soutenir les investissements dirigés par les Autochtones. La société Evolugen, basée à Gatineau et spécialisée dans les énergies renouvelables, souhaite le soutien de la Ville d'Ottawa pour construire un accumulateur. (Photo d'archives) Photo : Gracieuseté Evolugen Si certaines personnes voient ainsi d’un bon œil l’arrivée de ces accumulateurs d’énergie, la majorité des intervenants s’y sont fermement opposés. Beaucoup craignent la perte des terres agricoles, mais aussi et surtout le risque d'incendie du fait d’un mauvais fonctionnement des batteries ou encore d’une contamination des eaux de puits. Courtney Argue, l'une des nombreuses personnes portant des t-shirts assortis sur lesquels était écrit Nous avons besoin que vous [conseillers municipaux] fassiez preuve de courage et de fermeté pour rejeter cette [résolution]. Nos vies et nos terres en dépendent. Un autre intervenant, Brian Martin, dit ne pas avoir peur de la technologie, mais il s'oppose à la construction sur ce qu'il considère être un site écologiquement sensible. Une pétition contre le projet a recueilli 1421 signatures manuscrites. Le conseiller municipal du quartier West Carleton-March, Clarke Kelly (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Jean Delisle Pour l’élu du quartier qui accueillera la nouvelle installation, le conseiller de West Carleton-MarchClarke Kelly, le message des résidents est clair. Le terrain en question fait environ 4,5 hectares, soit la superficie de huit terrains de football canadien. L’entreprise se veut rassurante, rappelant que la technologie, qui existe depuis des décennies, a déjà fait ses preuves. On va travailler avec tous les services d'Ottawa, y compris les pompiers, pour assurer que tous les plans, les exigences, sont faits de façon à ce que le monde soit [rassuré]. Deuxième à partir de la droite, le r vice-président d’Énergie renouvelable Brookfield Inc., Geoff Wright, prend la parole lors d'un comité municipal. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Francis Ferland Le chercheur associé et spécialiste en énergie au Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal (CERIUM), Yvan Cliche, est également confiant. Pour le professionnel, cette technologie de stockage d’énergie dans d’immenses batteries va être un incontournable de la décarbonation dans les prochaines années. M. Cliche ajoute que Yvan Cliche souligne que comme les batteries de téléphone, la capacité d'une batterie de stockage diminue avec le temps, selon les cycles de charge, et les températures extérieures. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Google meet Dans une lettre en date du 15 avril, le ministre ontarien de l'Énergie et des Mines, Stephen Lecce, demande au maire d’Ottawa Mark Sutcliffe de soutenir les projets de SSBE. Selon la province, cette demande devrait augmenter de 75 % d’ici 2050.besoins extrêmes
en électricité; une entreprise de construction familiale locale a, quant à elle, affirmé que la construction de l'installation créerait de bons emplois.
Stop Marchurst SSEB
, vit à environ 400 mètres du site proposé. Nous sommes David contre Goliath
, dit-elle en larmes.C'est un pacte avec le diable
, lance-t-il devant le comité. Ils raflent tout l'or, nous assumons tous les risques.

J'ai l'impression qu'ils sont massivement contre le lieu proposé pour le projet.
Très peu d'incidents
La réalité, c’est qu’il y a très peu d’incidents [avec] des batteries
, insiste le vice-président d’Énergie renouvelable Brookfield Inc. – qui chapeaute Evolugen – , Geoff Wright.
Les compagnies d'électricité au Canada sont extrêmement efficaces et aux aguets. Elles gèrent le risque. Il y a des risques à gérer un réseau électrique et elles le font bien
, dit-il. [Puis] les batteries seront souvent déployées dans des zones assez éloignées.
Les batteries ont littéralement remplacé plusieurs centrales au gaz
, souligne-t-il en citant notamment l’exemple de la Californie. Pour un bon nombre d’heures [...] les batteries sont venues combler les besoins du réseau et donc, on n'a pas eu à utiliser les centrales thermiques.
c'est un complément qui est devenu essentiel pour faire face à la croissance de la demande en électricité.

Si la province ne peut pas répondre aux besoins de capacité du réseau avec des systèmes de stockage par batterie, elle réduira la propreté globale du réseau électrique de l’Ontario, tout en augmentant les coûts pour les contribuables
, peut-on lire dans la lettre.Les municipalités qui rendent le processus d’approbation et d’autorisation des projets de SSBE trop onéreux ou prohibitif mettent en péril la croissance de leur région et la capacité de la province à répondre à la demande d’électricité prévue.
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