Ottawa entend lever la moitié des restrictions sur le commerce entre les provinces
Devant les menaces tarifaires de l’administration américaine, la ministre fédérale des Transports et du Commerce intérieur, Anita Anand, souhaite favoriser les échanges commerciaux entre les provinces. Elle entend ainsi lever nombre de restrictions fédérales qui les encadrent. Radio-Canada a pu confirmer cette information d’abord rapportée par Le Devoir vendredi. Selon une source gouvernementale, il existe actuellement 39 restrictions fédérales à l’accord de libre-échange à l'intérieur du Canada. Anita Anand souhaite en suspendre la moitié. La ministre en a fait l'annonce vendredi, lors d’une rencontre à caractère privé avec ses homologues provinciaux. Elle entend demander aux provinces d'emboîter le pas et de lever leurs propres restrictions au commerce. En entrevue à l’émission 24•60, le ministre fédéral des Finances, Dominique LeBlanc, est allé dans le même sens en rappelant que la suspension annoncée de la moitié des restrictions permettra Yan Cimon, professeur de stratégie à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval, voit d'un bon œil cette annonce du fédéral. Yan Cimon, professeur de stratégie à la faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval à Québec. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Les provinces ont avantage, selon lui, à saisir cette occasion Cela dit, il prévient qu'Ottawa n'a pas le gros bout du bâton dans l'aplanissement du commerce interprovincial. En effet, il n'y a pas que des avantages à abattre des barrières tarifaires pour les provinces. Il y a aussi des choses à perdre. Mais une chose est sûre : ni les provinces ni le fédéral ne peuvent agir unilatéralement. La collaboration de tous est nécessaire dans ce cas-ci. Les échanges commerciaux à l'intérieur du Canada sont régis par l'Accord de libre-échange canadien (ALEC), signé en 2017, qui visait à réduire certaines barrières qui existaient déjà. Or, les provinces ont convenu d'une série d'exceptions à ce libre commerce. On en compte au total 263. C'est au Québec que le nombre de barrières est le plus important. Les entreprises qui souhaitent vendre ou concevoir des produits au Québec doivent entre autres se conformer aux lois linguistiques en vigueur. Avec des informations de Valérie Gamache le libre-échange entre les provinces et territoires canadiens [qui représente] au-delà de 530 milliards de dollars par année en biens et services, [soit] presque 20 % du PIB du Canada
.On a essayé de réduire d’une façon importante les nôtres [restrictions] et on invite les provinces à suivre
, a ajouté M. LeBlanc.La balle est dans le camp des provinces
Les dernières études montrent qu'une libéralisation du commerce entre les provinces pourrait faire croître le PIB jusqu'à 4 %
, dit-il en entrevue à Radio-Canada.
Dans le contexte où c’est fait pour se défendre d’éventuelles perturbations dans notre relation avec les États-Unis, ce n’est évidemment pas un substitut à la relation commerciale avec les États-Unis, mais c’est certainement un outil pour accuser le coup
, poursuit le professeur.historique
d'abattre des barrières tarifaires internes.Le fédéral peut donner l'impulsion, dit-il en entrevue, mais ce sont les provinces qui décideront en fin de compte.
Dans certains domaines, il y a une rente économique qui est associée à une activité commerciale qui est absorbée par la province. Pensons, par exemple, au secteur de l’alcool où l’Ontario et le Québec en tirent des revenus significatifs pour leur province. Dans ce cas, les provinces sont beaucoup moins intéressées à lâcher du lest
, ajoute M. Cimon.Vers une refonte du libre-échange canadien?
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